Blog

  • Le travail de la Rosée

    Le travail de la rosée

    C’est le principal travail pratique sur la rosée de printemps pour le travail végétal.
    Il consiste en une déliquescence de rosée sur du sel dans le but soit d’imbiber le sel de l’esprit astral, soit de récupérer cet esprit sur un support approprié.
    Le sel utilisé est souvent du carbonate de potassium (cendres végétales cristallisées, comme le sel d’un élixir spagyrique classique). Ça marche bien au niveau de la quantité, mais pour aller un peu plus loin, on préfère utiliser le sel connu simplement sous ce nom, le sel de cuisine, qui est la matière que désigne Paracelse quand il parle de Sel (le principe) la plupart du temps.

    1. Préparation du sel :
    J’utilise du Sel de Guérande non traité.
    Laver le sel (le dissoudre dans de l’eau, filtrer, évaporer). Le sécher (broyer puis chauffer pour évaporer l’eau résiduelle, au four par exemple).

    2. Déliquescence : distillation de Rosée (Sel)
    Placer le sel en très fine couche sur une vitre ou un miroir exposé aux pleines lunes de printemps. La vitre doit être inclinée et des petites tiges de bois sont collées sur les bords pour diriger la déliquescence vers une sortie en entonnoir d’où l’humidité pourra couler dans un bocal (si la rosée est abondante, sinon, on ne récupérera qu’une pâte qui pourra servir à divers travaux).

    Si la rosée a été abondante, on récupère une eau salée dans le bocal que l’on distille au soleil le jour qui suit la récolte pour obtenir « l’alkaest » qui est un solvant pour extraire le Soufre (le « caractère »)des végétaux ou des minéraux (parait-il, je n’ai jamais fait ce travail dans le minéral).
    Si la rosée a été faible, alors on peut utiliser le sel humide (pâteux) pour divers travaux. C’est en général ce que je fais.

    Le Sel ainsi chargé de l’esprit astral peut être utilisé comme Sel pour la spagyrie. Il peut être aussi utilisé pour la « Pierre en 5 mn » de Stéphane Barillet (imbibition d’une teinture huile essentielle/alcool sur du sel de cuisine, voir blog du CFIO), ou pour faire des sels de bains "philosophiques", ou de la cuisine « longue vie »… Il peut aussi être utilisé pour faire une lacto-fermentation philosophique (une choucroute…) : c’est la base du procédé de l’élixir de Cagliostro. C’est une base très utile dans tout le travail de labo.
    On peut recharger ce sel en réitérant l’opération plusieurs nuits après avoir séché le sel au four ou en distillant, il sera d’autant plus fort.
    Le sel a un caractère mercuriel (au sens spagyrique) par son aspect conservateur. Comme l'alcool, il sait extraire et conserver l'énergie et les vertus des plantes qui y sont mises en extraction.

    Dans le cas de l’obtention de la rosée, il faut distiller au soleil le jour qui suit la récolte avec une tête de maure en verre pour charger l’alkaest d’esprit solaire (avec aimants, miroirs &c…). L’alkaest obtenu a une odeur d’acide chlorhydrique. Contrairement au sel imbibé d’esprit astral non distillé, il reste fragile et dois être utilisé assez rapidement.

    Les nuits de pleines lunes sont réellement des moments privilégiés, mais on peut fabriquer ce sel plus ou moins philosophique pendant tout le printemps, voire été, si on a besoin d’une bonne quantité.

    Facile !
    Bonnes récoltes nocturnes !


    Matthieu Frécon, Sarreyer mars 2019

    Sources : Stéphane Barillet : Le Grand Œuvre Alchimique, Denis Labouré : L’élixir de Cagliostro, et LPN principalement.

     

  • Homéopathie : Faire son Arnica

    Faites-le Vous-même !
    Kit de préparation homéopathique d’Arnica

    (Cet article forme le contenu du livret explicatif d'un kit de préparation du remède homéopathique Arnica fait et vendu à Edelweiss Distillerie en décembre 2018)
     

    Guéris-toi toi-même : Arnica Montana

    Cette paraphrase de l’inscription de Delphe (« Connais-toi toi-même ») par le Docteur Bach dans son merveilleux petit livre « La guérison par les fleurs » (1933) est le point de départ à notre époque du retour à la préparation maison des remèdes courants et à l’auto-médication.

    Il est temps pour chacun de se réapproprier l’art de se soigner soi-même et de préparer ses propres remèdes, dans la mesure où la vie n’est pas en danger, et dans la mesure où vous avez un professionnel de santé compétent pour vous accompagner et prévenir des problèmes graves. Pour ce qui est de l’entretien courant de la santé, il existe de nombreuses médecines populaires ou savantes qui sont assez simples à mettre en œuvre telles que l’herboristerie, l’aromathérapie, les élixirs floraux, les tisanes (qui sont extrêmement sous-estimées), les bains (même remarque), et... l’homéopathie.

    La vie rurale au XX° siècle et avant, et les nécessités économiques avaient obligé nos parents à entretenir une tradition de soins maisons donnés de façon autonome. Les remèdes de grands-mères et autres « bonnes-femmes » succédaient aux guérisseurs et aux sorcières d’antan. La pensée rationaliste imposée par l’éducation nationale va bientôt anéantir ces traditions au profit de l’industrie médico-pharmaceutique et l’ont perdra bientôt la confiance et la connaissance des préparations naturelles faites simplement avec ce que la nature nous offre...

    Le problème avec ce « progrès » de la médecine chimique (qui en est un réel), est que les ordres des médecins et des pharmaciens ont agit follement en pensant que les

    merveilleuses solutions proposées par la médecine moderne pouvaient remplacer totalement les cadeaux de la nature, et que l’homme, l’être vivant, pouvait être réduit à un genre d’équation mathématique ou à une formule de composants chimiques, ce qui ne nous semble pas suffisant, au niveau de notre capacité à trouver un sens à la vie et à être heureux...

    Un petit retour à la nature s’est naturellement imposé, et les médecines « douces » se sont refait une petite place dans notre vie et l’entretien de notre santé. Ces médecines ont d’abord été proposées au public par des fabricants et des paysans/artisans (producteurs/distillateurs de plantes aromatiques par exemple), et puis avec le développement de la cybernétique (qui, stricto sensu, est la capacité à piloter sa vie), on a réalisé qu’il était possible de prendre en main sa propre santé, sans ni l’abandonner à la médecine dominante ni rejeter son aide qui reste précieuse dans beaucoup de cas.

    Un second pas est franchi et l’on commence à retrouver ou à réinventer les remèdes de nos grands-mères, la connaissances des plantes sauvages, les vertus de l’argile, de l’eau, des méthodes de dynamisation, de préparations &c...

    L’attention à la nourriture qui reste notre premier remède (« Que ton aliment soit ton seul médicament » attribué à Hippocrate) revient timidement dans une société ou il est devenu normal de se nourrir de produits industriels et chimiques qui me semblent plus toxiques qu’autre chose (mais leur prix attractif est tellement irrésistible !). C’est sans doute le stade suivant dans la reconquête de notre santé.

    Pour l’heure, je vous propose de vous familiariser avec une médecine importante, la première médecine strictement expérimentale d’occident (50 ans avant Claude Bernard et la médecine chimique qui domine aujourd’hui) et qui pourtant reste simple d’emploie pour les problèmes courants et surtout - et ce sera une nouveauté pour beaucoup ! - une médecine facile à faire soi-même : l’homéopathie.

    Une médecine simple à préparer et à utiliser ?

    Simple à utiliser, pas forcément ! le système thérapeutique d’Hahnemann (fondateur de l’Homéopathie) est très complexe et demande une très solide formation pour être utilisé dans son ensemble. Mais une partie des remèdes sont quand-même faciles à utiliser dans le cadre de l’auto- médication pour régler bien des petits bobos sans connaissances approfondies, et en général sans risques. Ce sera le cas de notre préparation d’Arnica.

    Simple à faire ? Et oui, et c’est là sans doute une nouveauté pour beaucoup d’entre vous : il est très facile de préparer soi-même, chez soi, sans matériel sophistiqué la plupart des remèdes homéopathiques !

    Un peu d’histoire...

    Samuel Hahnemann (1755-1843) est un médecin allemand qui opéra une remise en question profonde de ses connaissances académiques de l’époque. Ses observations et la liberté qu’il s’est donné au cours de ses réflexions l’ont amené à délaisser la fidélité aux dogmes en vigueur au profit de l’expérimentation systématique, cinquante ans avant Claude Bernard qui est considéré comme étant le fondateur de la médecine expérimentale. J’attribue, sans avoir trop d’éléments, à Hahnemann une bonne culture paracelsienne, ce qui était courant chez les médecins à cette époque. Paracelse, médecin et alchimiste suisse- allemand - 1493-1541 - est une figure incontournable de la médecine jusqu’à une époque récente. Ses collègues ont toujours été très radicalement partisans ou au contraire détracteurs de sa philosophie et de ses pratiques, ce qui sera la même chose avec Hahnemann, l’histoire se répète ! Les suiveurs de Paracelse seront toujours très créatifs et de nombreuses médecines sont directement ou indirectement inspirées de sa pensée, telle l’homéopathie. Une étude sérieuse sur l’influence de Paracelse sur Hahnemann reste à faire qui révèlerait sans doute bien des aspects les plus intéressants de la doctrine de celui que l’on pourrait considérer comme l’un des pères des médecines utilisées actuellement, chimiques ou naturelles.
    Je ne ferai pas ici une étude approfondie des principes de l’homéopathie pour ne pas vous retarder trop longtemps avant de passer à la pratique et aussi parce que Hahnemann nous a laissé deux ouvrages magistraux et très accessibles (Hahnemann est un grand pédagogue et sa plume est limpide) que je vous encourage à étudier : l’Organon ou Art de Guérir (1810) qui donne les principes de la nouvelle médecine avec les procédés de fabrication, et son Traité de matière médicale (1811) qui détaille la préparation des remèdes homéopathiques.

    Voyons quand-même quelques principes fondamentaux qui nous guideront dans l’étude et l’utilisation de cette médecine si surprenante qu’est l’homéopathie.
    J’ai choisi des extraits de l’Organon pour résumer la pensée de Hahnemann. C’est peut-être une simplification un peu lapidaire mais cela nous suffira pour aborder la pratique de la préparation homéopathique.

    « Lorsqu’il s’agit d’un art sauveur de la vie, négliger d’apprendre est un crime » (conférence à Paris en 1835) Hahnemann se consacre à la guérison. Il est pragmatique. Pour guérir, il place l’utilité avant toutes choses.

    « L’idéal thérapeutique consiste à rétablir la santé d’une manière rapide, douce, et permanente » (Org. art. 2)
    « La totalité des symptômes seule doit servir de guide dans le choix des moyens propres à la guérison » (D’après Org. art. 6 et 7)

    Hahnemann reste pragmatique : les causes de la maladie ne l’intéresse pas a priori. Faire disparaitre ses symptômes de façon durable lui suffit. On peut s’étonner de cela mais on ne peut qu’approuver que l’urgence est dans la guérison totale et durable et non dans l’enquête sur les causes de la maladie qui restent secondaires.

    « Le médecin sait écarter de l’homme bien portant les conditions qui troublent la santé » (d’après Org. art. 4) L’homéopathie est aussi une médecine préventive.

    « la médecine homéopathique repose uniquement sur l’expérience » (L’esprit de la doctrine homéopathique, 1813) Si l’on associe ce principe à la déclaration d’Hahnemann cité plus haut sur l’obligation morale de guérir quand on sait le faire, on comprend mieux pourquoi le fondateur de cette médecine n’ait pas pris (ou n’ait pas perdu) de temps à chercher à donner une explication à son système thérapeutique. En d’autres termes, de façon humoristique on pourrait résumer la question comme cela : « Comment ça marche ? Je n’en sais rien, mais excusez-moi, j’ai des patients qui m’attendent ».

    Le principe des semblables (Similia similis curantur)
    « Pourquoi le brillant Jupiter disparaît-il dans le crépuscule du matin aux nerfs optiques de celui qui le contemple ? C’est parce qu’une puissance semblable mais plus forte, la clarté du jour naissant, agit sur les même nerfs » « Comment couvre t-on le fracas lointain des canons ennemis qui couvrent la terreur dans une armée ? Par le bruit assourdissant et tonitruant de la grosse caisse » (Org. art. 26)
    « Guérissez par la similitude des symptômes » (Org. art. 50)
    Ici, Hahnemann donne le principe de l’homéopathie qui est de soigner un ensemble de symptômes par un remède qui produit, sans dangers pour le patient, des effets similaires et va encourager le corps à provoquer la guérison. Ce principe est lourd de conséquences puisque l’on est obligé d’admettre que cela implique que le corps possède en lui- même la capacité à se guérir lui-même s’il y est encouragé.

    Le principe de similitude est contraire à la devise de Galien : Les contraires se repoussent (« contraria contrariis »)

    Isothérapie

    Ce principe de similitude n’est pas le principe des identiques qui est le fondement de l’isothérapie que n’approuvait pas Hahnemann (personne n’est parfait !) et qui est basée sur un principe très proche de l’homéopathie et lui emprunte la même technique de préparation des remèdes. Nous aborderons quelques exemples utiles plus loin. L’isothérapie est aussi le principe de base de la vaccination (même si celle-ci diffère quand à la préparation des remèdes).

    Principes de préparation des remèdes

    La médecine homéopathique suit donc ces principes. Elle est composée de remèdes choisis et préparés pour répondre à ce besoin de transmettre une information au corps qui ne lui nuira pas (non noscere, ne pas nuire est le principe fondamental que toute médecine est encouragée à respecter en priorité).

    Voyons maintenant les principes de préparation des remèdes
    « Les doses infiniment petites sont essentielles pour l’application de cette méthode curative » (Org. art. 68)

    « La médecine homéopathique dégage et libère pour son usage spécial les vertus médicinales immatérielles inhérentes aux substances brutes et cela jusqu’à un point qui paraissait autrefois inimaginable » (Org. art. 269)

    La dilution de la matière première permet de libérer son énergie de la matière. Elle permet aussi de supprimer la toxicité éventuelle de certaines substances brutes.

    « (...)grâce à l’action mécanique du frottement et de la succussion développe et exalte leurs forces pharmacodynamiques latentes » (Org. art. 269)
    « On connaissait empiriquement déjà (...) toute une série de modifications de diverses substances naturelles produites par frottement, d’abord l’élévation de la température, puis le développement d’odeurs. Enfin, l’aimantation de l’acier &c... » (D’après Org. art. 269)

    La dynamisation composée de la dilution et de la succussion (action de secouer) révèle et active le potentiel thérapeutique des matières diluées.

    « Par analogie, la trituration de toute substance médicinale les secousses imprimées à sa dissolution (dynamisation) développent graduellement les énergies médicamenteuses latentes qu’elle renferme et les met à jour, ou si l’on peut dire, « spiritualise » par désintégration la matière elle- même. » (Org. art. 269)

    La trituration est le mode de dilution des matières insolubles, elle consiste en un certain nombre de broyages dans un mortier en porcelaine rythmés par un protocole précis. Ce procédé est peu employé de nos jours.

    L’excipient (alcool ou sucre)

    « L’excipient non médicamenteux utilisé, dénué de toute action thérapeutique, joue cependant un rôle indispensable, quoique accessoire » (Org. art. 269)
    La dilution se fait dans de l’alcool, du « Brandwein » (alcool de vin, titrant probablement entre 50 % et 75 % d’alcool, et certainement pas puissant comme notre « alcool neutre » produit par les distilleries industrielles). Pour les solides insolubles, la trituration se fera dans du sucre (sucre de canne ou lactose à l’époque d’Hahnemann).

    Si l’on se souvient que Hahnemann est un médecin de campagne du XVIII° siècle qui visite ses patients à cheval (il semble que ce soit les cahots de sa monture qui lui aient inspiré la méthode de dynamisation), on peut alors imaginer que l’alcool (brantwein) utilisé n’était pas un alcool « neutre » produit par une distillerie industrielle qui aurait pu répondre aux normes en vigueurs actuellement pour la confection de médicaments. Il s’agissait plus probablement d’alcool distillé artisanalement par ce que l’on appelle aujourd’hui un bouilleur de cru (ou bouilleur ambulant) et qui titrait approximativement 50 à 75 % d’alcool.

    Il est certain qu’aujourd’hui la qualité énergétique d’un alcool blanc de bouilleur de cru, une prune des campagnes par exemple, est certainement meilleure qu’un pur éthanol à 90 % vol. issue de matières premières produites par l’industrie agro-alimentaire et stocké dans des bidons en plastic... Dans ma pratique homéopathique, j’ai une nette préférence pour ces alcools blancs non trafiqués titrants environ 50 % et contenant souvent une bonne dose d’alcools de tête (méthanol) et de queues, ce qui n’a aucune importance dans notre préparation puisqu’il ne s’agira pas de boire le remède comme on le ferait avec un spiritueux. Je vous encourage à préférer ces gnôles des campagnes à conditions qu’elles soient blanches (les alcools ambrés ont plus de risques d’avoir subit des colorations, édulcorations &c...).

    Le rôle de l’alcool, dans ce travail, est de diluer le remède, et de permettre la conservation de la préparation (et pour cela, 20 % d’alcool suffit).

    Hahnemann décrit en détail le procédé de dynamisation (dilution/succussion) avec l’utilisation de petits globules de sucre dissous dans l’alcool (Org. art. 269). Le procédé complet n’est plus pratiqué de nos jours pour laisser place à la méthode simplifiée que je vous propose plus loin. Même les grands laboratoires utilisent aujourd’hui un procédé basé sur ce que nous allons voir.

    Le principe est de diluer 1 goutte de la Teinture-Mère (Hahnemann crée ce néologisme pour distinguer sa teinture faite avec des plantes fraîches des teintures habituelles du Codex qui sont faites avec des plantes séchées) dans 100 gouttes d’alcool, et de secouer vigoureusement 100 fois pour obtenir la première dilution centésimale (1° Centésimale Hahnemannienne, ou 1 CH).
    Hahnemann ne semble pas approuver cette dilution jugée trop faible (il préfère diluer avec l’aide d’un petit globule imbibé dans 100 gouttes d’alcool, ce qui revient à un rapport de 50 000° au lieu du 100°... Voir Org. art. 270). Cette première dilution sera à nouveau diluée à raison d’une goutte dans un nouveau flacon contenant 100 gouttes d’alcool. Après succussion, on obtiendra la 2° centésimale (2 CH) et ainsi de suite... Une dilution à la 30° CH demandera donc l’utilisation de 30 flacons.

    La dilution désirée obtenue, on prendra soin d’en imbiber des granules de sucre pour terminer la mise en forme du remède (Hahnemann explique en détail la fabrication des granules dans l’Organon).

    La méthode Korsakov

    Korsakov était un collègue et disciple de Hahnemann qui a inventé une méthode simplifiée de dilution. Il semble qu’Hahnemann ait approuvé la méthode de son confrère dans leur correspondance, mais je n’ai pas de sources. Cette méthode est connue sous le nom de « Dilution au flacon unique » ou « dilution Korsakov » (K).

    Elle consiste en une dynamisation (dilution/succussion) dans un flacon. Ceci fait, il s’agit de verser, par terre, le contenu du flacon qui gardera une ou quelques gouttes sur sa parois interne. On recharge le flacon de 100 gouttes d’alcool pour re-dynamiser pour obtenir la 2° dilution centésimale qui s’appellera traditionnellement 2 K, que l’on jètera à nouveau pour recommencer avec le même flacon jusqu’à la dilution souhaitée. Une dilution à la 30° K nécessitera l’utilisation d’un seul flacon.

    J’aime imaginer que Korsakov, médecin militaire, a inventé cette méthode dans l’urgence en campagne ou sur un

    champ de bataille avec un matériel de fortune (quelques teintures-mères, un peu de brantwein et peu de flacons)...

    La méthode korsakovienne est celle que je vous propose d’utiliser pour notre homéopathie d’Arnica, nous discuterons plus bas un peu plus de ce procédé qui m’apporte toute satisfaction.
     

    Quelques questions avant de passer à la préparation de notre Arnica :

    La mémoire de l’eau

    Les importants travaux de Jacques Benveniste sur la mémoire de l’eau ont relancé la question du fonctionnement de l’homéopathie. L’hypothèse de la mémoire de l’eau des dilutions pour transporter l’information du remède est séduisante. En fait, les triturations dans du sucre (ou d’autres matières, j’ai par exemple un ami qui triture dans du kaolin - argile blanche - avec succès pour ses travaux précis) demandent de relativiser l’importance de cette piste. Sans trop avoir moi-même d’avis sur la question, je choisis une formule consensuelle qui consiste à utiliser un mélange hydro-alcoolique (eau-de-vie blanche à 40 à 50 %) en me souvenant que Hahnemann lui-même négligeait cette question de l’explication du fonctionnement interne de son procédé pour se satisfaire des résultats.

    Hahnemanienne ou Korsakovienne ?

    Il est l’usage de préférer les dilutions jusqu’à la 30° centésimale en hahnemannienne, et de choisir les korsakovienne pour les plus hautes dilutions (1000, 10 000, 100 000 K...).

    À mon avis, la raison est que à l’époque de ces deux pionniers, les dilutions montaient rarement au-dessus de la 30° dilution (qui fait l’objet d’une étude particulière par Hahnemann dans la Matière Médicale). Elles se faisaient à la main, ce qui explique l’absence de très hautes dilutions

    (J’ai moi-même fait une 200 K à la main, il m’a fallu deux jours...). Avec la découverte des possibilités offertes par les très hautes dilutions, après Hahnemann donc, la méthode Korsakov s’est imposée pour des raisons pratiques. Nul besoin de chercher ailleurs la vraie raison de ce choix.

    Homéopathie et phytothérapie

    Une partie de la matière médicale (les matières utilisées pour préparer les remèdes homéopathiques) trouve son origine dans la phytothérapie officielle (Codex pharmaceutique) ou populaire. Notre dilution d’Arnica est inspirée de la médecine populaire (Hahnemann, Matière médicale homéopathique, tome 1).

    On peut remarquer que les faibles dilutions donnent des remèdes dont les effets sont proches de ceux connus en phytothérapie ou dans les pratiques simples populaires (tisanes, teintures...) alors que les dilutions plus élevées offrent des effets plus « sublimes » qui s’éloignent de l’effet de la plante.

    Par exemple, je fais personnellement une dilution de coquelicot pour faciliter le sommeil. La 3 CH semble plus rapidement efficace (effet immédiat) que la 5 CH.

    Où trouver le matériel pour vos préparations ?

    Les Matières premières (plantes ou autres...) se trouvent dans la nature...

    L’alcool se trouve chez le bouilleur de cru. Vous pouvez aussi vous inspirer des informations données dans mon livre « L’ALAMBIC, l’Art de la Distillation, Alcool, parfums, médecines » ou sur mes sites www.devenir- distillateur.com et www.atelier-spagyrie.ch. Les alcools « neutres » à 90° sont d’origine industrielle et j’évite absolument leur utilisation (l’argumentation basée sur la pureté chimique de l’éthanol n’a absolument aucun intérêt pour nos travaux), les « alcools de fruits » vendus dans la grande distribution ne valent guère mieux.

    Les tubes de granules vierges se trouvent chez les pharmaciens ou droguistes selon les pays. Les

    pharmaciens français vous vendront des tubes de Saccharum Lactis en basse dilution (1 ou 2 CH, ou 1 ou 2 DH) qui font office de granules vierges. J’achète mes seaux de granules chez Vanda France, je préfère les granules de Saccharose bio, mais il existe aussi des granules de Xylitol (sève de bouleau) qui convient aux diabétiques et qui ont un gout sucré agréable (pas bio).

    Les flacons pour faire les teintures ou les dilutions se trouvent en pharmacie ou chez Aromazone (ou équivalent, il y a d’autres distributeurs...). C’est simple et pas cher !
     

    Arnica Montana la préparation pas-à-pas

    Vous avez votre Teinture-Mère (TM) dans son bocal. Il s’agit d’une fleur d’Arnica cueilli pendant l’été 2018 en montagne à 2000 m. et mise à macérer dans de l’esprit-de- vin bio-nature distillé dans notre alambic en cuivre. Cette TM a une durée de vie infinie.

    1. Verser un peu de cette TM dans un flacon dont vous aurez auparavant enlevé le compte-goutte, puis reversez le liquide dans le bocal d’origine, il restera une ou quelques gouttes dans le flacons qui serviront à la dilution.

    2. Versez une centaine de gouttes d’alcool dans ce même flacon (ce qui fait environ 1,5 cm de hauteur de liquide dans votre flacon de 10 ml).
    3. Secouez vigoureusement 100 fois ce flacon.

    Votre première CH est prête.

    4. Jetez-là... (et oui, vous allez voir, ce travail tout simple s’il en est est sans pitié pour votre rationalité !)

    5. Recommencez les points 1. à 4. jusqu’à arriver à la dilution désirée (mais ne la jetez pas cette fois ! Sinon, il vous faut simplement refaire une dilution supplémentaire)

    6. Votre dilution obtenue, il ne vous reste plus qu’à imbiber

    vos granules. Vous pouvez aussi garder le remède sous

    forme liquide, mais la présentation en granules est beaucoup plus pratique d’emploi, et conforme à la pratique hahnemanienne originelle. Pour cela, disposez une feuille d’essuie-tout (papier ménage...) sur une assiette pour y verser le contenu d’un tube de granules vierges. versez quelques gouttes (3, 4...) de votre dilution, remuez délicatement pour que tous les granules brillent d’humidité, et laissez sécher, au soleil si possible (j’ai une préférence pour faire cette opération au soleil, c’est un petit truc d’alchimiste...). Remettez les granules secs dans le tube sans les toucher avec les doigts. Étiquetez à l’endroit de l’ouverture du tube pour éviter les ouvertures accidentelles, et goûtez...

    Vous pouvez choisir de faire les dilutions de votre choix, personnellement, je fais du 3 K ou 5 K, du 9 K, et du 30 K. Mais l’homéopathie est très riche de pratiques différentes et je vous conseille de vous inspirer de votre pratique habituelle.

    Votre petit bocal de TM avec sa fleur vous permet de faire plusieurs millions de tubes... voire plusieurs milliards...

    °°°°°°°

    Il ne me reste plus qu’à vous souhaiter beaucoup de plaisir à préparer votre remède homéopathique d’Arnica. Vous serez surpris par l’efficacité qui n’a d’égale que la simplicité de la préparation !

    Des questions ? des retours ? : matthieu@edelweiss-distillerie.ch . Merci !
     

    Appendix

    I. Ma première dilution d’arnica

    J’ai fait ma première dilution d’Arnica lors d’un voyage en Suisse avec ma fille Rose qui fêtait son premier anniversaire. C’était le moment des premiers pas, et en montagne, les premiers pas ne sont pas sans aventures... Un jour que nous nous étions arrêtés pour passer la nuit dans une prairie, les arnicas fleurissaient devant le bivouac... J’avais dans le camping-car un pot de yaourt en verre, une bouteille de schnaps de ma fabrication (de la prune à 45° si je me souviens bien, mais cela n’a aucune importance), et quelques tubes de granules vierges. À part les granules, le reste est commun et se trouve dans chaque cuisine et chaque camping-car...

    Le soir, je préparais ma teinture avec quelques fleurs dans l’alcool. Le lendemain, ou surlendemain peut-être, je versais cette teinture dans la prairie et procédais à mes dilutions. Une heure plus tard, ma dilution en 3 K était virtuellement dans mes granules et à chaque fois que ma fille essayait un nouveau pas, et souvent ouvrait la bouche pour pleurer sa douleur d’une nouvelle chute, hop ! 3 granules dans la bouche qui restait silencieuse : la souffrance avait miraculeusement disparue.

    Bravo pour les granules à papa n’est-ce-pas ?

    Alors pour répondre aux questions que vous vous posez sans pouvoir me les adresser, et pour répondre aux réticences des sceptiques à la question incontournable de l’effet placebo, je vous rapporte une autre expérience intéressante.

    Quatre ans plus tard, l’hiver cette fois, une nouvelle piste de ski fut fatale à Rose. Après s’être brutalement arrêtée dans une voiture garée en dessous de la piste (la piste descendue « tout shuss » à grande vitesse), sous la voiture plus exactement, nous revînmes au chalet pour nettoyer le sang et panser les blessures...

    N’ayant pas de tube d’Arnica disponible, je cherchais parmi les teintures et alcoolats le bocal de Teinture-mère de notre plante et j’en fis, tel un nouveau Korsakov sur le champ de bataille, une dilution en urgence avec les moyen du bord.

    Rose fut certes soulagée, mais je gardais secrètement une petite déception sur l’efficacité du remède...
    Le lendemain, nous nous rendîmes compte que le bocal contenait une teinture de pissenlit (qui ressemble à l’arnica sous cette forme de fleurs macérées)...

    Alors cette fois, le remède à papa, et bien il n’était pas ce l’on attend normalement d’une vraie dilution d’arnica.
    Ce test à l’aveugle m’a une fois de plus convaincu de l’efficacité intrinsèque des préparations homéopathiques. Ce qui n’enlève rien à la vertu des granules de Papa !

    II. Quelques préparations maisons faciles à réaliser Coquelicot
    Il existe plusieurs préparations simples à réaliser parmi la pharmacopée homéopathique ou autre.
    J’ai cité le coquelicot (en 3 K) que j’appelle « l’assommoir » et qui se prend au moment de l’endormissement.
    Le pavot de Californie semble avoir un effet somnifère encore plus puissant.

    Tabacum

    J’ai fais réaliser des dilutions de cigarettes par des fumeurs désireux d’arrêter de fumer avec un certain succès (les fumeurs faisant eux-mêmes leur préparation avec leurs propres cigarettes). Je préconise maintenant la dilution d’un élixir spagyrique de rose pour arrêter les dépendances, spécialement celle au tabac.

    Aurum

    À l’époque où Élie, mon fils de 9 ans lisait Harry Potter et cherchait la pierre philosophale, nous avions fait une dilution d’or (son remède homéopathique personnel à ce moment là). Pour cela, nous avions dissout de l’or selon une méthode spagyrique reproduite par Dorvault dans son « Officine de pharmacie pratique » (éd. 1872) qui consiste à dissoudre de l’or dans de l’eau régale (mélange d’acide chlorhydrique et acide nitrique) pour passer ensuite la

    teinture dans l’éther, puis dans l’alcool. cet « or potable » a ensuite été dilué au 30 K.
    Nous n’avons pas reçu de félicitations de la part de notre homéopathe qui ne considérait pas cette préparation conforme à la préparation hahnemanienne classique (que personne ne fait aujourd’hui, surtout pas la production courante en France), mais l’expérience a été intéressante.

    Placenta

    J’ai aussi pratiqué la dilution placentaire. Il s’agit d’un remède isothérapique qui consiste en une dilution de placenta et qui sert de remède pour l’enfant de sa naissance à l’âge adulte, et permet une meilleure reconstitution à la maman après l’accouchement, et lutte contre le baby-blues. Pour cette dilution qui est le travail du papa ou d’une tierce personne, il faut laver un petit bout du placenta dans un verre d’eau pour enlever le sang ou d’autres substances. Il faut ensuite mettre ce morceau de placenta propre dans un petit bocal contenant de l’alcool (je rappelle qu’une eau-de-vie blanche et naturelle de bouilleur de cru fait très bien l’affaire). Le lendemain, ou plus tard, on procède aux dilutions de la façon habituelle.

    C’est la maman qui prend 3 granules avant l’allaitement pour le transmettre au nourrisson.
    À la naissance de ma fille Rose (c’est la dernière histoire avec mes enfants, promis !), j’ai enfin goûté à cette préparation que je n’osais pas goûter quand je le faisais pour d’autres naissances. Les 3 granules étaient encore dans ma bouche que je ressentais le plaisir d’être repus d’avoir mangé une bonne part d’un excellent foie... Rose (j’avais pourtant promis...) m’a récemment demandé à quoi servait ces granules. Je lui ait répondu « c’est pour quand tu as envie de retourner dans le ventre de ta maman ». Elle m’a aussitôt répondu « Je veux retourner dans le ventre de ma maman ! »...

    Cette isothérapie a, à mon avis, un intérêt à étudier qui dépasse l’usage intra-familial.
     

    Plus classiques, parmi les plantes (d’après Dorvault) : Préparées avec des plantes entières : Arnica, Belladone, Chamomille, Chélidoine, Achillée millefeuille, Pulsatila... Feuilles et tiges : Aconite, Clématite, Digitale, Stramoine, Tabac, Thuya...

    Fleurs : Cannabis sativa...
    Fruits, semences : Anis, Café, Cina, Staphysagria... Racines : Bryone, Gentiane Lutea, Ginseng, Prunier, Valériane, gingembre...

     

    III. Préparation D’Arnica Montana d’après le Traité de Matière Médicale de Samuel Hahnemann (1811)
    La reproduction de ce chapitre donnera une idée de la méthodologie d’Hahnemann.

    (teinture préparée avec 50 grains de racine récemment pulvérisée et mille gouttes d’esprit-de-vin)
    L’arnica, plante qui affectionne les plaines et les montagnes couvertes de forêts, a une racine qui perd rapidement une grande partie de son odeur et de sa vertu médicinale lorsqu’on la laisse exposée à l’air, et surtout lorsqu’on la fait bouillir. Mais, quand, aussitôt après l’avoir pulvérisée, on s’empresse de la dessécher complètement au bain-marie, elle peut ensuite être conservée pendant plusieurs années, dans des flacons bien bouchés, sans que son énergie s’affaiblisse. Malgré tous ses dogmes artificiellement construits, malgré toutes ses définitions scolastiques, les distinctions et les subtilités auxquelles elle a eu recours, la médecine ordinaire n’est jamais parvenue à découvrir la vertu spécifique de cette plante, ou à trouver un remède assuré contre l’affection universelle, souvent fort dangereuse, qui résulte d’une chute grave, de chocs, de coups, d’une contusion, d’une distorsion ou d’une déchirure des parties solide de notre corps (1). Le peuple dut se charger pour elle de ce soin, et, après d’innombrables et inutiles essais, il rencontra enfin le moyen qu’il cherchait en vain dans l’arnica. Il y a deux siècle qu’un médecin nommé Fehr communiqua pour la première fois cette découverte de la médecine domestique à ses confrères ; depuis lors, l’arnica fût appelée panacea lapsorum. Il en a été de même de tous les autres spécifiques ; l’art médical en a dû la connaissance à la pratique domestique, et n’a jamais pu en trouver lui-même un seul, parce que ceux qui l’exercent ne se sont jamais inquiétés les effets purs des corps naturels sur l’homme en santé.

    Les affections qui dépendent de fortes contusions et de déchirures des fibres, ont presque toutes les même symptômes. Or le tableau suivant fera voir que les phénomènes auxquels l’arnica donne ordinairement lieu chez l’homme en santé, ont une ressemblance frappante avec ses symptômes. Mais ce même tableau des effets purs de l’arnica dévoile aussi plusieurs états morbides de l’homme dans lesquels la plante offre un remède homéopathique certain. C’est un médicament applicable à une foule de cas, et, quoique son action, même lorsqu’on la donne à hautes doses, ne s’étende pas au-delà de six jours, cependant j’ai reconnu qu’on la considérer comme un remède subsidiaire et intercurrent, même dans les maladies les plus chroniques.

    Seulement il faut se garder d’employer arnica dans les maladies aigües purement inflammatoires, avec chaleur générale, en grande partie extérieure, non pus que dans les diarrhées, où on la trouvera toujours très nuisible, ce dont on verra également les motifs dans l’exposé de ses effets particuliers.

    Mais elle déploye une efficacité toute spéciale dans quelques espèces de fausses pleurésies, celles dont les symptômes ont de la ressemblances avec les siens propres.
    Le camphre est l’antidote de l’arnica administrée à grande doses et dans les circonstances où elle n’était point homéopathique. Mais le vin aggrave ses effets nuisibles.

    J’ai reconnu qu’une petite partie d’une goutte de la billionième dilution (chaque goutte de la teinture précitée étant considérées comme la moitié d’un grain de vertu d’arnica) suffisait toujours dans les cas où elle devait agir à titre de remède c.

    (Suit une longue liste de 638 symptômes.)

    (1) C’est pourquoi elle est très-salutaire même dans les grandes blessures produites par des balles et des instruments contondans, comme aussi dans les douleurs et autres incommodités, après l’arrachement des dents, et après d’autres opérations chirurgicales, dans lesquelles les parties sensibles ont été violemment distendues, comme réductions de fractures et de luxations, etc.

            Matthieu Frécon, Décembre 2018

     

     

  • Fab-Lab Spagyrique

    La solidarité chez les disciples d’Hermès
     

    Laboratoire lpn


    Mes amis savent que je pense depuis quelques temps à ouvrir un laboratoire d’alchimie pour le partager avec mes proches (amis, stagiaires…) et mettre à disposition du matériel qui n’est pas toujours facile de disposer chez soi.

    Ce projet ne se fera pas dans un premier temps à Edelweiss Distillerie, en Suisse, mais en Bourgogne dans la maison qui a accompagné mes premiers travaux alchimiques à l’époque des Philosophes de la Nature (LPN).

    Pendant l’installation de ce Fab-Lab Spagyrique, un ancien collègue de LPN m’a proposé le don de son labo qu’il n’utilise plus depuis des années… C’est un très beau labo quasiment complet équipé à la façon typique de LPN. C’est assez différent de ce que j’utilise maintenant puisque je préfère aujourd’hui un matériel plus léger avec lequel je travaille surtout en extérieur et au soleil, mais l’installation préconisée par LPN reste très utile et très précieuse.

    Je propose donc de mettre en route cette installation qui servira aux stages spagyrie/alchimie, à une petite production personnelle ou collective, et enfin, sera utile aux proches qui auront besoin d’un lieu occasionnel et champêtre pour travailler aux fourneaux ou aux ballons…

    On n’attends plus que Marc-Gérald (pour les plus jeunes, Marc-Gérald Cibard était le spécialiste de l’aide à l’installation des laboratoires à l’époque de LPN) pour nous animer un atelier d’alchimie selon LPN (et aussi quelques volontaires pour faire quelques petits travaux de remise en état des lieux…)…

    Merci Dominique pour nous rappeler que la solidarité et la générosité sont toujours vivantes chez les disciples d’Hermès !

    Vous trouverez dans l’agenda de www.devenir-distillateur.com les dates proposées pour ces ateliers (prévues pour le printemps).
     

    Matthieu Frécon, Saunière, Octobre 2018.

     

  • Comment prépare t’on un élixir spagyrique ? (seconde partie)

         Comment prépare t’on un élixir spagyrique ?

         Deuxième partie


    Quelques exemples alternatifs de fabrication d’élixirs spagyriques

    Le procédé décrit dans la première partie de cette série d’articles est le procédé classique qui est utilisé par la plupart des amateurs ou des laboratoires spagyriques.
    Mais l’important reste de trouver ou de découvrir une application des principes alchimico-spagyriques qui est plus adaptée aux besoins thérapeutiques ou simplement qui nous convient mieux.
    Voici quelques exemples de procédés inspirés du protocole-mère présenté plus haut.

    Le procédé Teinture/Sel
    Il s’agit de faire une teinture alcoolique de plante par extraction au soxhlet ou par macération lente (la plante est mise à macérer quelques temps - une lunaison par exemple - dans de l’esprit-de-vin dans un bocal), puis de cohober sur les sels cristallisés (parfois verser les sels sur la teinture) pour ensuite laisser murir.
    C’est le procédé le plus courant développé depuis Alexander Von Bernus (fondateur du laboratoire allemand Soluna).
    Certaines plantes comme l’ortie, la prêle, ou le chanvre ne permettent pas de réaliser un Soufre selon la méthode présentée dans la première partie de cette série d’articles et peuvent se faire selon celle-ci.

    Le procédé Alcool/Huile Essentielle/Sel de mer
    C’est la fameuse « pierre végétale en 5 minute » présentée par le génial Stéphane Barillet. Cette pierre consiste en une cohobation d’une teinture à base d’alcool (esprit-de-vin) et d’huile essentielle sur du sel de mer purifié.
    Cette pierre peut trouver son application dans la fabrication de sels de bains ou de gommage, ou divers cosmétiques « spagyriques » ou encore dans l’art culinaire alchimique. Par ce procédé, il est possible de fabriquer une pierre suffisamment murie qui peut rivaliser avec les procédés classiques dans un but thérapeutique.

    La pierre de vin
    C’est encore une simplification du procédé académique présenté en première partie qui offre d’intéressantes possibilités.
    Il s’agit de distiller du vin (nature, bio sans soufre) à basse température sous l’influence concentrée du soleil pour obtenir 1. Le Mercure « philosophique » (alcool distillé - plusieurs fois - au soleil), et 2. Le Soufre et le Sel (sels minéraux, matières organiques) restés conjoints dans l’alambic en verre (soleil oblige). Plusieurs séparations-purifications-cohobations seront utiles avant de mettre la liqueur dans un athanor (four alchimique) adapté pour obtenir cette « pierre de vin » qui a une vertu régénérante douce fort appréciée pour l’entretien de la santé.
    C’est pierre peut se faire avec des « vins » issus d’autres matières que le raisin (miel fermenté par exemple).

    La calcination solaire
    C’est un procédé classique en alchimie dont on trouve des éléments précis dans le livre d’Ezéchiel et qui est resté longtemps secret (merci Stéphane Barillet pour l’avoir offert au public). C’est, dans le principe, un procédé comparable au précédent mais qui n’utilise qu’une opération : la calcination solaire au moyen d’une loupe ou d’une parabole. Le Sel de la plante ainsi calcinée finit par se coaguler en une pierre insoluble dans l’eau ou dans l’alcool et dont les vertus sont surpuissantes. La dilution hahnemannienne est une solution pour la rendre assimilable sans danger.
    Je ne connais pas d’exemple d’applications thérapeutiques spagyriques de ce travail avec des plantes avant mes propres travaux. Mon SelSol Rosa est fait selon ce procédé.

    Le procédé du Docteur Zimpell
    Je n’ai jamais pratiqué ce procédé et je n’ai pas beaucoup d’informations cohérentes à son propos. Vous trouverez dans cet article (http://www.atelier-spagyrie.ch/blog/spagyrie-medecines-alchimiques/une-methode-de-spagyrie-allemande.html) un exemple de ce travail qui consiste en une fermentation de plante dans l’eau. On est supposé extraire un peu d’alcool de cette fermentation (alors que la fermentation alcoolique ne peut se réaliser qu’en présence de sucre et de levures - naturelles de préférences -) qui sera notre Mercure.
    Les laboratoires allemands modernes tels que Phylack prétendent utiliser ce procédé en précisant qu’ils ne rajoutent pas de sucre ni de levures. Cette précision laisse à penser que l’ajout de sucre et - dans une moindre mesure - de levures est presque incontournable pour obtenir une fermentation alcoolique. Le résultat normal d’une simple fermentation de plante dans l’eau est un purin.
    Quelques amis spagyristes, dont Max Léglise, ont essayé cette méthode sans grand succès.
    Je pense que beaucoup de laboratoires qui ont un temps travaillé sur le procédé du Dr. Zimpell pratiquent maintenant le procédé Teinture/Sel présenté plus haut. Une étude de la vie du Dr. Zimpell permettrait sans doute de mieux comprendre les tenants et les aboutissants de ce procédé célèbre outre-Rhin.

    Il existe d’autre procédés de fabrications, tous issus de la méthode académique présentée dans la première partie de ces articles, et tous adaptés aux besoins des amateurs ou des fabricants. Ainsi l’alchimie reste créative et œuvre d’artistes qui savent s’approprier les principes alchimiques et qui savent comprendre et imiter la nature. Ce serait une grave erreur que de réduire la spagyrie à un procédé. L’élixir spagyrique est finalement l’œuvre d’un spagyriste et d’un alchimiste et non un travail effectué selon un protocole fixé par quelque cahier des charges issue d’une réunion de professionnels soucieux de garder un marché qu’ils croient posséder…

    J’aborderai dans un article suivant les possibilités de la spagyrie dans différents domaines professionnels liés en général à l’herboristerie et à la transformation des PPAM (Plantes à Parfums, Aromatiques et Médicinales) parce que je crois que la rencontre entre les métiers de cultures et transformations de plantes médicinales et l’alchimie devrait être profitable aux uns comme aux autres.
    Nous verrons également d'autres procédés développés par les spagyriques post-paracelsiens et les auteurs rosicruciens.

         Matthieu Frécon, Bruxelles Octobre 2018

     

  • Alcoolatures, teintures, élixirs ou liqueurs, quel alcool choisir ?

    Alcoolatures, teintures, élixirs ou liqueurs, quel alcool choisir ?

    Si vous faites des alcoolatures, ou des teintures mères, des élixirs ou des liqueurs &c… vous aurez certainement une attention développée pour la qualité des plantes utilisées dans vos recettes, ainsi que la qualité du processus de fabrication afin de respecter au mieux le potentiel des plantes, leur vitalité &c… vous pourrez choisir de faire vos cueillettes un jour et une heure favorable, couper ou broyer vos plantes avec du matériel adéquat (pas de fer, pas de chaleur…)… vos lieux de séchage ou de stockage seront peut-être soigneusement étudiés selon les principes qui vous tiennent à cœur (matériaux naturels, géobiologie &c…). Et puis viendra le moment où vous plongerez vos plantes dans… l’alcool.
    Et c’est là que, désemparé, la question de la qualité de l’alcool se limitera à son degré et à une éventuelle mention « bio »…
    Pourquoi tout à coup l’attention de tous les instants que vous portiez à chaque étape du travail se voit bornée à accepter l’idée d’utiliser un produit chimique d’origine industriel ?
    Et bien, parce que l’on a rarement le choix, et que l’on a pris l’habitude de fermer les yeux sur ce détail.
    L’alcool, un détail ?
    Voyons un peu le point de vue de l’alchimiste sur ce qu’est véritablement l’alcool et le rôle qu’il joue dans une préparation.
    En spagyrie (la branche de l’alchimie appliquée à la santé), l’alcool est utilisé comme un « Mercure ». C’est le principe qui supporte la vie dans le règne végétal. C’est cette vie qui mettra en lumière le caractère des plantes mises en œuvre dans la préparation. L’alcool est d’ailleurs issue de la fermentation du sucre, et la fermentation, processus de décomposition et donc lié à la mort, est la clé qui ouvre la porte de la vie. L’alcool, notre « Mercure », est donc le support de la vie, c’est lui qui va contenir et préserver la vie dans notre préparation. L’alcool est dit « philosophique » (ami, ou proche, de la Sagesse créatrice et réparatrice de l’existence) lorsque qu’il subit diverses distillations sous l’effet de « Feux secrets » (ce sont des éléments qui sont à l’origine de la création du monde, la lumière solaire ou les champs magnétiques en font parties).
    Il est évident qu’un alcool issue de la distillation maison d’un vin ou de fruits naturels (sans soufre &c…) sera beaucoup plus adéquat à transmettre la vie qu’un alcool d’origine industriel distillé dans une usine manipulée par des gens sans amour ni conscience de ces aspects. Le fait qu’il soit « chimiquement pur » est d’un intérêt plus que secondaire (la vie est-elle chimiquement pure ?) voire totalement inutile. Cette attention à l’analyse chimique n’est pas traditionnelle (Hahnemann parle bien d’utiliser de l’esprit de vin, mais il s’agit bien de celui du bouilleur de cru et non celui de Prolabo ou d’Alcoosuisse qui n’existaient pas), et il n’est jamais indispensable d’avoir de l’alcool « neutre » (c’est à dire dénaturé de tout arôme ou toute sensibilité) à 96 %.
    Alors pourquoi cette négligence généralisé quand à l’exigence de la qualité de l’alcool de nos préparations ?
    Et bien tout simplement parce qu’il n’est pas facile de trouver un alcool de bonne qualité et du coup, on à pris l’habitude de considérer cet aspect de la préparation comme secondaire. C’est devenu un acquis culturel.
    Alors comment faire ? (vous trouverez ici le lien vers un article que j’ai écrit pour expliquer comment faire son propre alcool maison).
    La première chose à réaliser est que la plupart des recettes ou des procédés se basent sur le seul alcool disponible de façon courante : l’alcool « neutre » à 90 % ou 96 % sans qu’il y ait de nécessité à cela. Exemple déjà cité : Hahnemann ne décrit pas la fabrication de ses teintures mères dans un alcool de ce titre, qui d’ailleurs n’était pas accessible aux pharmaciens de son époque (XVIII° siècle). Hahnemann utilisait un esprit de vin de fort degré (vers 80 %) distillé par les artisans de son époque. Pour les alcoolatures, c’est la même chose : la plupart du temps, un esprit (alcool) à 70 % est suffisant. Pour les liqueurs et spiritueux, il suffit de changer les pourcentage d’eau et l’alcool pour arriver à la même dilution finale (en général entre 35 % et 50 %).
    Donc, ne vous inquiétez pas si vous n’arrivez pas à trouver un alcool artisanal ou amateur qui titre plus que 80 % : c’est juste que ça n’existe quasiment pas et qu’il est donc bien naturel de passer outre cette exigence moderne.
    Au contraire, il est bien plus utile de se focaliser sur la qualité énergétique de l’alcool que de rechercher du titre et de la pureté chimique.
    J’ai souvent fait mes préparations avec de l’alcool de bouilleur de cru distillés avec des alambics en cuivre (à 50 % la plupart du temps), parfois redistillé par mes soins (au soleil, à basse température, dans de bonnes conditions énergétiques).
    Les recettes pourront parfois être adaptées pour coller avec des procédés plus simples et des performances moins quantitatives, mais finalement, c’est la vie qui est comme ça !

    La qualité énergétique de l’alcool d’un spiritueux se traduit par la qualité de l’ivresse et de la digestion, celle d’un remède, par la discrétion dans l’efficacité de son action (bon équilibre puissance/douceur).

    J’espère vous avoir transmis l’importance d’avoir un bon esprit pour vos préparations !

    Matthieu Frécon, Août 2018

  • Comment prépare t’on un élixir spagyrique (très brièvement dit…) ?

    Comment prépare t’on un élixir spagyrique ?

    Essayons de voir aussi simplement et complètement qu’il est possible dans un court article les principes et les procédés pour faire un élixir spagyrique.

    Les principes
    Le principe de la spagyrie est séparer (spao) et réunir (ageiro). C’est aussi celui de toute l’alchimie : Solve (dissous) et Coagula (fige, coagule). Il s’agit de séparer les éléments qui constituent un être, en général une plante, les purifier, pour enfin, les réunir sous la forme d’un élixir (« la Pierre » en arabe).

    En pratique, on distingue trois principes en spagyrie, trois parties essentielles de l’être qui se prête au jeu (la plante donc) : la vie, que les spagyristes appellent le Mercure, le Caractère, qui distingue un être d’un autre, que les spagyristes appellent le Soufre, enfin, le corps, qui est ce qui reste quand la vie et le caractère ont été enlevés, et que les spagyristes appellent le Sel.

    Les alchimistes et les spagyristes aiment avoir leurs ingrédients dans des petits bocaux, disponibles. Ils aiment avoir les matières fixes, autant qu’il est possible. C’est le concept de Pierre Philosophale (une pierre, c’est fixe, elle est philosophale, c’est à dire « amie de la sagesse », la sagesse qui a crée le monde et qui porte en elle la capacité de le réparer). J’englobe volontiers de nombreuses réalisations alchimiques qui ont cette capacité à réparer (guérir) dans ce concept de Pierre.
    Nous allons donc chercher à fixer, et mettre en bocaux, les trois principes pour ensuite les purifier, puis enfin les réunir. Le plan pour toujours s y retrouver sur le chemin alchimique

    Le principe Vital : La vie est captée pendant le processus de mort, de décomposition. La fermentation alcoolique, suivie de distillation, est la forme la plus utile pour nous. L’alcool sera donc le support privilégié de la vie du monde végétal. Un peu de la plante sera mise en macération dans notre alcool, puis ensuite distillée. l’alcoolat obtenu sera notre « Mercure ».

    Le Caractère (Vertu) : Je préfère le processus de réduction à basse température d’une courte macération de la plante dans de l’eau (24h). La masse obtenue sera lavée, puis réduite à nouveau. C’est notre soufre, qui en général sent très bon au bout de quelques temps.

    Ces deux éléments seront assemblés pour donner notre teinture. Cette teinture sera mise à murir dans l’Athanor (« le four » en arabe), qui est un appareillage, un genre de couveuse, qui permet la concentration des forces qui ont participé à la création de l’univers (les « Feux Secrets »).

    Le Corps : Sera obtenu par calcination de la plante. Les cendres seront ensuite dissoutes dans l’eau pour, par évaporation, obtenir des sels cristallisés, notre Sel. Ces sels sont la caisse de résonance qui permettra l’expression du Caractère (Soufre) de la plante sublimé par la Vie (Mercure).

    On imbibera ensuite le Sel de la teinture, tout doucement comme toujours, pour finalement découvrir notre Pierre Végétale sous une forme parfois gommeuse, parfois liquide selon son choix. Cette Pierre sera également mise en maturation dans l’Athanor.

    Il restera une étape importante qui est « l’ouverture » de l’élixir, c’est à dire qu’il nous faudra le rendre assimilable pour pouvoir en profiter au mieux, sans problèmes. Ma méthode préférée est la dilution hahnemanienne ou korsakovienne, 3CH ou 3K (c’est pareil) donne de bons résultats, faciles à utiliser avec des effets lisibles et doux. Mais si cette méthode est couramment utilisée chez les alchimistes allemands ou suisses, elle est très peu reconnue en France. Vous pouvez aussi simplement diluer votre élixir dans de l’eau ou du vin, selon vos goûts (et alors ma préférence irait pour la Fine Faugère ;-).

    Le plus important dans cette aventure ne peut pas faire l’objet d’un protocole formel : c’est le sens que ce travail aura pour vous, l’engagement que vous aurez dans votre œuvre spagyrique, c'est cela qui donnera toute l'importance de votre travail dans votre vie…

    Je suis désolé pour ceux qui auraient voulu un processus décrit avec plus de précisions, mais j’ai choisi maintenant de vous proposer un petit résumé qui n’a d’avantage que sa clarté, d’autant que j’ai déjà développé cette question dans d’autres articles.
    Je vous invite à lire ces articles plus complets, ou de suivre l’une de mes formations ou encore de vous reporter à mon livre « L’Alambic, l’Art de la Distillation » qui contient une partie développée consacrée à cette question (ou le merveilleux livre de Vivianne Le Moullec « Les élixirs floraux de Vivianne » qui décrit un procédé proche.

    Matthieu Frécon, Sarreyer Août 2018

  • Entretien video avec Matthieu Frécon et Yann Leray

    Une jolie discussion avec mon ami Yann Leray, animé par Jean-Claude Pascal :
     

    Jean claude pascal matthieu et yann

    https://www.youtube.com/watch?v=X9aUIdZHg20&feature=share

     

  • Les vertus des élixirs végétaux

    Les vertus des élixirs végétaux

    Quelles sont les vertus des plantes dans le cadre de la médecine spagyrique ?

    La question est récurrente et intéressante. La première chose qui permet une ébauche de réponse est de considérer que le spagyriste est, ou devrait-être selon moi, un alchimiste. L’alchimiste n’est pas d’abord un thérapeute à proprement parlé bien que la plupart le deviennent d’une façon où d’une autre, et l’essentiel de son travail est une restauration de l’état d’origine des êtres. L’emblème de son travail, le Grand-Œuvre est couramment appelé « médecine », médecine universelle dans le meilleurs des cas, mais on connait aussi des médecines métalliques ou des médecines humaines…

    Le principe fondamental de l’alchimie est la conception unitaire de la création. L’alchimiste considère que l’ensemble de l’existence, l’ensemble du monde, est une « création », principe féminin qui est crée par un « créateur », principe masculin. Nous avons ici le binôme primordial qui correspond aux deux principes Soufre (créateur) et Mercure (créature) de l’alchimie pré-paracelcienne (attention à la confusion avec les 3 principes paracelsiens Sel/Soufre/Mercure qui ont un sens tout différent).
    L’alchimie considère que toute la création est issue de ce principe créateur unique, et le but du travail alchimique est de capturer cette énergie créatrice sous une forme fixe : la Pierre Philosophale.

    À partir de là, il apparait évident que plus l’énergie captée sera proche de l’origine, plus son spectre d’effets sera large alors que si cette énergie est captée dans une matière déjà spécifiée, une plante par exemple, son spectre d’action dépendra du caractère de la plante utilisée.
    L’élixir d’une plante aura donc un effet dépendant du niveau où l’énergie créatrice aura été captée. De ce niveau dépendra donc sa relative universalité ainsi que sa puissance.
    La technique utilisée pour la confection de l’élixir sera évidemment déterminante, et les goûts et préférences de l’alchimiste (qui s’exprimeront mieux dans une technique qu’une autre, selon qu’il ait un tempérament plutôt Feu ou plutôt Eau par exemple) auront également un impact important sur le résultat. Cela revient à insister sur la qualité « alchimique » du fabricant d’élixirs spagyriques. Chaque alchimiste donnera une couleur particulière à ses créations selon son âme propre.
    Un autre aspect important compte dans la nature des effets des élixirs spagyriques est que les plantes sont comme nous : elles ont de multiples ressources et ne peuvent être limités à une gamme d’effets connues comme par exemple lorsqu’elles sont utilisées dans le cadre de la phytothérapie, ou de l’aromathérapie par exemples.

    Des tous ces points, il apparait que l’effet d’un élixir spagyrique d’Absinthe ou de Millertuis par exemples, dépendra de la relation qui existera entre l’alchimiste et la plante, et éventuellement avec le malade. Les élixirs spagyriques sont relativement « interactifs » et les plantes proposent des soins particuliers adaptés selon cette triade plante/alchimiste/patient avec quand même des invariantes fréquentes du genre : la rose propose l’amour universel indifférencié (donc la libération), l’absinthe guidera vers un meilleur contact avec la nature, donc la féminité, avec un effet physique de décongestion au niveau digestif, ou génital (pour les femmes dans ce deuxième cas), &c…
    Mais mes exemples proviennent de ma propre expérience et sont donc largement colorés par ma personnalité et la relation que j’entretiens avec ces plantes, ainsi que par la technique que j’emploie, et les travaux d’autres alchimistes proposeront sans doute des effets différents.
    Vivianne le Moullec par exemple propose dans son merveilleux livre « Les élixirs floraux de Vivianne » une liste d’élixirs élaborés pour régler des problèmes particuliers qu’elle liste en détail et qui est relativement proche de l’utilisation classique des plantes (tisanerie, teintures-mères…). Les paracelsiens donnent d’autres systèmes thérapeutiques, plus symboliques comme les tempéraments, les correspondances et attributions planétaires &… Je vous propose de découvrir vous-même dans votre travail spagyrico-alchimique ce que les plantes ont à vous proposer, à vous, et ainsi de développer votre propre médecine spagyrique pour vous-même, puis éventuellement pour vos proches.

    La règle à observer dans cette aventure est que le travail est d’abord une quête personnelle avant que d’être une technique utilitaire. Le principe de base est l’origine unitaire du monde et le but est la restauration de cet état unitaire harmonieux.
    Le reste est technique et recettes de cuisine, ce qui mérite quand-même un peu d’attention.

    La médecine alchimique est une merveilleuse aide pour la santé du corps et de l’âme.

    Matthieu Frécon, Juillet 2018

  • Un hommage à Paracelse, 1° partie

    Quelques mots en hommage à Paracelse

    1° partie, Le décor

    Paracelse est l’un de ces pénibles qui ne respectent rien… il n’en n’a toujours fait qu’à sa tête : jamais de concessions, jamais de courbettes, jamais de justifications. Après le scandale, on finit par le comprendre, mais c’est trop tard : Paracelse est déjà ailleurs, on ne peut le suivre…
    Alors que peut-il rester du Docteur Helvétius dont on sait si peu de choses que même le nom qu’on lui attribue n’est peut-être pas celui qu’il s’est lui-même choisi… (dates probables : Suisse allemande, 1493-1541)
    C’est là une bonne question ! que peut-on conserver d’un iconoclaste pareil (iconoclaste, celui qui détruit les icônes) ?
    Paracelse a beaucoup travaillé, il ne s’est jamais posé (son sale caractère le rendait vite insupportable aux notables, il fallait souvent fuir). C’est le genre à toujours rater ses examens à cause de son caractère insubordonné, à toujours rester en marge… Ce n’est pas Paracelse le « plus haut que Celse » le médecin romain classique, que ses amis aurait du le surnommer, mais Paraclite : celui qui est au-dessus des choses, des choses entendues, des objets du culte… Paraclite, c’est le Sauveur, mais le Sauveur que l’on ne peut suivre sans tout quitter, même le maitre lui-même…
    Ce qui caractérise Paracelse (sacrifions à la tradition qui le nomme ainsi), c’est justement l’abandon et le désintérêt pour les connaissances solides, celles qui soutiennent la docte et inébranlable tradition. Paracelse préfère sa seule expérience aux acquis traditionnels. Cette expérience, il a acquise auprès de son seul maitre, ou sa seule maitresse pour être plus exacte : la Nature. L’observation de la nature guide sa méthode, son expérience confirme et le courage ne doit pas manquer, les larmes non plus sans doute.
    A sa disparition, un notable salua la mort du personnage le plus immonde de son temps. Tiens, c’est aussi ce que Churchill dira de Crowley (Grande-Bretagne 1875-1947) à sa mort. Crowley, cet autre iconoclaste s’il en est, qui bouleversera lui aussi son temps sans que l’on sache vraiment ce que l’on peut en faire (rien en fait, Crowley et Paracelse sont comme deux comètes, ou comme un vol d’oies sauvage que l’on voit passer dans le ciel : que peut-on en faire ? partir soi aussi certes, mais pas pour les suivre…). Que peut-on faire de Paracelse ou de Crowley ? pas évident de répondre… mais ce que je sais, c’est qu’après Paracelse, comme après Crowley, rien ne sera plus comme avant…

    Paracelse est né en Suisse alémanique, d’un père médecin, très probablement alchimiste, et certainement plein d’attention pour son rejeton qui en parle avec beaucoup d’affection. Le pater avait apparemment un caractère tranquille et bienveillant, ce qui n’est pas négligeable quand on est enfant. Parmi ses maitres, et après son père, Paracelse aura la chance de rencontrer l’Abbé Trithème (1462-1516) qui était un très important hermétiste et fort versé dans la Kabbale, l’Alchimie, et la magie. Paracelse n’oubliera jamais de bien garder ces sciences secrètes dans sa sacoche de médecin et Giordano Bruno (Italie, 1548-1600) dira de lui « qu’il est le premier qui ait de nouveau considéré la médecine comme une philosophie ». À propos de Paracelse médecin, il faut préciser qu’il n’a probablement jamais eu son diplôme. À l ’époque, les médecins avaient la science, établissaient le diagnostic, et c’est le chirurgien, ou le barbier, qui opérait (aujourd’hui, on a les médecins, et les pharmaciens). Il n’était pas pensable pour le médecin de mettre la main à la pâte, et pas possible pour le chirurgien d’accéder à la connaissance médicale… Paracelse qui avait tant opéré dans les armées n’hésitait pas à enseigner aux chirurgiens. Paracelse pratiquait donc la plupart du temps illégalement la médecine et la pharmacie et, comme tous ceux qui ce sont distingués dans ce périlleux exercice, sa vie fût compliquée et il mourut jeune.

    Quel est la doctrine de Paracelse ?
    Et bien, c’est là que ça se complique… Paracelse n’est pas un écrivain très méthodique, en tous cas, pas facile… On ne peut pourtant pas dire qu’il ne fût pas un excellent pédagogue si l’on constate le nombre de ces disciples enthousiastes et créatifs. Et pourtant les pratiques de ces élèves et suiveurs semblent fort éloignées de ce que les livres du maitre laissent imaginer du décor paracelsien. La Spagyrie, cette branche de l’Alchimie explicitement dédiée à la santé, fut formalisée par les générations de paracelsiens des siècles suivants (Dorne, Rumelio, les rosicruciens &c…).
    En fait, ce que l’on peut retenir de l’enseignement de Paracelse sont surtout des principes, des lois naturelles formulées, et un encouragement pour approfondir sa science. La plupart des recettes et beaucoup de ses écrits sont apocryphes, l’héritage réel de Paracelse est peut-être finalement assez austère.
    Ce que je retiens de l’héritage de Paracelse est un rappel que « l’Alchimie ne sert pas à faire de l’or, mais à guérir les maladies ». Une évidence, si l’on regarde la profession commune à la plupart des alchimistes qui furent presque tous médecins, une évidence oubliée… Ce que je retiens aussi, c’est la pluralité des pratiques, des méthodes, des matières employées, des procédés (magiques, chimiques, tout à la fois souvent…), c’est aussi la connaissance de la botanique, de la métallurgie, de l’astrologie, la magie naturelle et kabbalistique…
    La littérature alchimique n’aura pas beaucoup d’adeptes qui, comme Paracelse, proposeront autant de voies possibles…
    Les suiveurs, les spagyristes, se borneront à établir un système thérapeutique plus ou moins fixé pour donner un sens à la santé et à la maladie, qui guidera le choix de la matière médicale (matières premières, végétales souvent) et les procédés de fabrication des remèdes, n’y voyez pas de critique à leur égard : j’en suis.
    On distingue aujourd’hui de nombreux procédés de fabrication de remèdes spagyriques qui sont en général basés sur les principes de séparation du simple (la plante) en ses trois principes paracelsiens : Soufre, Mercure, et Sel. Ces trois principes sont alors purifiés pour être ensuite réunis sous la forme d’élixir ou de pierre végétale. Mais il existe aussi d’autres travaux qui utilisent le sel ou la rosée par exemple.
    Mais il n’y a pas que la Spagyrie qui peut se revendiquer de l’héritage du turbulent et créatif médecin maudit… En fait, l’étude de Paracelse était généralisé parmi les médecins germanophones dans siècles suivants sa mort et par exemple, au XVIII°, un certain Samuel Hahnemann sera très inspiré par ses principes pour poser les bases de sa nouvelle médecine, l’homéopathie. D’ailleurs homéopathie et spagyrie se côtoieront beaucoup dans l’école spagyrique allemande du XX°s., chez Alexandre Von Bernus par exemple (laboratoire Soluna). J’en profite pour glisser l’idée qui m’est chère que l’homéopathie est un outil très précieux pour l’alchimiste, qu’il soit médecin ou bien simple anachorète.

    Plusieurs pistes restent à suivre pour compléter cette très courte présentation du personnage, par exemple une étude bio-bibliographique complète, ainsi qu’une synthèse détaillée de son enseignement avec les références à ses ouvrages, ou encore un rappel des principes les plus importants de sa pensée avec des citations choisies…
    Sur le plan biographique, l’un des seuls ouvrages vraiment sérieux qui peut guider le jeune paracelsien est peut-être le « Paracelse, Introduction à la médecine philosophique de la renaissance » par Walter Pagel (Arthaud 1963).
    De paracelse lui-même, c’est peut-être ses « Œuvres médico-chimiques » (Arche Milano 1990) qui seront les plus utiles et les plus abordables pour commencer, mais son œuvre commence enfin à être publié en français de façon intelligible.
    Pour ce qui est de la spagyrie, citons (en français) de Rumelio « La médecine spagyrique », des rosicruciens allemands du XVII° « La Chaine d’Or d’Homère » (autrement nommée « Nature Dévoilée »), de Frater Albertus « Le manuel de l’Alchimiste », les cours de spagirie des Philosophes de la Nature (LPN) sur le site de Portae Lucis ou sur mon site www.gouttelettes-de-rosee.ch , ou mes propres articles sur mon site www.atelier-spagyrie.ch qui propose une biographie plus étoffée avec pas mal de théorie et de pratique.

    À suivre…

    Matthieu Frécon, Février 2018

    PS. Une étude reste à faire sur l’influence très importante de Paracelse sur Rabelais (France, 1483 ou 1494-1553), lui aussi médecin philosophe (alchimiste). Rabelais qui appelais son ainé « Le divin Théophraste, toujours ivre et toujours lucide… ».

     

     

  • Le ENS végétal selon le Petit Philosophe de la Nature

    Symbole LPN

    Vous trouverez reproduits plus bas 3 articles parus dans "Le Petit Philosophe", organe de l'association Les Philosophes de la Nature (LPN) sur la fabrication du ENS végétal, et ce, sans matériel complexe.
    LPN était très pédagogique, les cours de spagyrie étaient très accessibles et pratiques, le journal de l'association (Le Petit Philosophe) mettait à jour les connaissances et les découvertes des membres (l'association était réellement collectiviste et la somme de connaissance qu'elle à diffusée est le fruit du travail de nombreux membres fédérés par la personnalité très charismatique de son fondateur Jean Dubuis).

    Le premier article a été écrit par Jean Dubuis pose les bases de ce travail. Le deuxième est une reformulation des mêmes données par Arlette Terbach. Le troisième enfin, est une synthèse de membres avancés sur cette pratique réunie et formulée par Michel Auger, qui était l'un des alchimistes qui a beaucoup contribué à l'expérimentation et à la recherche alchimique à LPN (et qui reste un virtuose du laboratoire aujourd'hui).

    J'enrichirai bientôt ces articles de mes notes pour aider à leur lecture, et je prépare déjà un petit lexique des termes alchimiques qui devrait contribuer à une lecture plus facile des travaux spagyriques ou alchimiques quand on est encore novice et que l'on ne connait pas le jargon dans ces domaines (bientôt…).

    Je rappelle aux nouveaux visiteurs que j'ai déjà publié l'intégrale des cours et journaux de LPN en PDF sur mon site http://www.gouttelettes-de-rosee.ch/pages/lpn.html


    Alchimie sans matériel : extraction du ENS végétal (Le Petit Philosophe, n° 57, Juin/Juillet 1988)

    Le Ens est le principe spirituel de la plante contenant les éléments Feu et Air, éléments de guérison.

    La plupart des procédés que nous avons étudiés pour extraire le Ens végétal nécessite du matériel et présente des défauts qui rendent l’extraction peu satisfaisante.

    Si on tente l’extraction sur un végétal frais, l’eau qu’il contient contamine l’alcool indéterminé qui, de ce fait n’a plus la capacité d’extraction du Ens.

    Si on opère sur un végétal sec, le Ens est alors fortement affaibli par la dessiccation de la plante.

    La solution proposée ici consiste donc à utiliser un végétal sec, mais à lui renforcer son Ens au cours de l’extraction.

    Mode opératoire

    - Se procurer ce que les anciens nommaient le « Tartre calciné ». De nos jours, celui-ci se trouve tout prêt et purifié sous le nom de carbonate de potassium.

    - Etaler cette poudre blanche en couches minces (1/2 cm. d’épaisseur environ) dans des assiettes, ou plats, en verre.

    - Laisser les assiettes dans une pièce dont la fenêtre est ouverte et ceci dans la période de l’année comprise entre début mars et fin septembre.

    La poudre va se réduire en déliquescence dont l’aspect sera transparent et huileux. Les anciens nommaient ceci « huile de tartre ». Le carbonate de potassium au cours de la déliquescence se charge en « Feu solaire », Feu élément perdu par la plante au cours de sa dessiccation.

    La filtration se fait dans un entonnoir en verre dont la base est obturée par un bouchon d’ouate de coton. L’entonnoir est installé au-dessus d’un bocal en verre qu’on remplit environ au 1/3.

    - Boucher hermétiquement le flacon.

    - Placer le bocal dans un endroit tiède, par exemple au-dessus d’un radiateur.

    La température la plus adéquate est de 40° mais ceci n’est pas absolument indispensable. En fait, l’extraction sera seulement plus ou moins longue.

    Le liquide se colore en rouge de plus en plus foncé. Quand la couleur ne bouge plus, on peut considérer que l’extraction est terminée. Cette couleur rouge montre que le Ens est régénéré. Cette opération a une durée comprise entre 8 et 40 jours.

    - Filtrer à nouveau le liquide dans l’entonnoir en verre sur de la ouate de coton, et le placer dans un bocal identique.

    - Se procurer ensuite de l’alcool à 90° ou plus et et en prévoir un volume sensiblement égal à celui de la teinture. Verser cet alcool dans le flacon de teinture. L’ensemble ne doit pas dépasser les 2/3 du volume du récipient.

    - Placer, dans un plat en pyrex, du carbonate de potassium dont la quantité est d’environ 15 à 20 % du volume d’alcool. ((mettre au four ?))

    - Laisser refroidir sans ouvrir la porte.

    - Si tout le carbonate est dissous ou est à un état pâteux, il faut recommencer l’opération en ajoutant cette fois 5 % du volume d’alcool de carbonate. Cet ajout de carbonate déshydraté a pour but d’extraire :
    • de l’alcool a 90°
    • Les 10 % d’eau qu’il contient
    • et éventuellement, un excédent d’eau dans l’ « huile de tartre ».

    - Les deux liquides, alcool et huile, ne se mélangent pas. Replacer le flacon dans un endroit tiède et, tous les jours, l’agiter pour mélanger les deux liquides qui, ensuite, vont se séparer spontanément.

    Peu à peu, la couleur de la teinture passe dans l’alcool qui devient d’abord jaune puis rouge. Les impuretés de la plante ses rassemblent au niveau de la séparation des deux liquides.

    - Quand la couleur cesse d’évoluer, au bout d’un mois ou deux, séparer l’alcool par décantation. Il y a intérêt à remplir complètement plusieurs petits flacons avec un minimum d’air au-dessus du liquide pour en assurer la conservation.

    Durant l’extraction par l’alcool, et ensuite pour les flacons d’extraits, emballer chaque récipient de papier d’aluminium s’ils sont dans un local éclairé.

    Si on possède du matériel alchimique, on peut récupérer divers produits de l’ « huile ».

    * * *

    Dans ce procédé d’extraction du Ens Végétal, la chélidoine et l’alchémille donnent un excellent produit (10 gouttes le matin dans un demi verre d’eau).

    Jean Dubuis

    * * * * *

    Extraction des Ens Végétaux (Le petit Philosophe, n° 84, Mars 1991)

    Si vous n’avez pas encore la totalité matériel ou la pratique et le temps nécessaire à la fabrication des 7 élixirs qui vont permettre un premier nettoyage de vos véhicules intérieurs, vous pouvez utiliser les forces vitales du printemps pour faire facilement 7 teintures initiatiques…

    1. Principes de fabrication de l’Ens végétal

    - Extraction des principes d’une plante par le carbonate de potassium mis en déliquescence (voir article sur la fabrication du Sel de Tartre dans le même n°) et réactivation de ces principes par le Feu Solaire piégé dans l’huile.

    - Transfert des ces principes de l’huile de tartre dans l’alcool (Mercure du règne végétal).

    - L’évolution des opérations se surveille par celle des couleurs :
        - Jaune : charge en élément Air
        - Rouge : charge en élément Feu

    - Le travail se fait le jour de la semaine en correspondance avec l’attribution de la plante ou celui où la lune se dans le signe correspondant (voir ciel chymique).

    2. Préparations préliminaires

    Pour chaque Ens envisagé, (l’idéal étant un par planète), se procurer dès à présent :
        - 150 cm3 de plante séchée soigneusement pulvérisée,
        - 1 flacon de 1 litre étiqueté du nom de la plante et 2 ou 3 petits flacons (tous avec fermeture hermétique),
        - 250 cm3 d’alcool de vin du plus haut titre possible (à défaut, de l’alcool à 90°),
        - 500 grammes de carbonate de potassium pour la fabrication de l’huile de tartre (entre 1/4 et 1/3 de litre) et pour la déshydratation de la solution finale.

    3. Fabrication de l’Ens

    Après obtention de l’huile de tartre,

    a) Extraction des principes de la plantes
    - Verser dans le flacon de 1 litre l’huile de tartre et la plante en poudre.
    - Remuer soigneusement le mélange, fermer le flacon et le placer dans un endroit tiède, l’idéal étant une couveuse à 38-40° ou, à défaut, un dessus de radiateur (protéger dans ce cas le flacon de la lumière).
    - L’huile de tartre, chargée du Feu Solaire que la plante avait perdu lors de sa dessiccation, va extraire les principes de la plante, ce que vous constaterez à la couleur de plus en plus rouge qu’elle va prendre.
    Ne pas agiter le flacon durant cette première phase.
    Quand la couleur ne bouge plus, l’extraction est terminée.

    b) Transfert des principes dans l’alcool
    Après récupération du liquide fermenté par égouttage (ne pas presser la plante), puis filtrage sur de la ouate de coton,
    - remettre dans le flacon nettoyé le jus rouge-brun obtenu.
    - Verser dessus 1/4 de litre d’alcool.
    - Ajouter du carbonate de potassium préalablement séché au four pour absorber l’eau résiduelle contenue dans l’alcool et l’huile de tartre. Les premières cuillères vont se dissoudre, continuer à verser jusqu’à ce qu’il reste environ 3 cm de carbonate visible au flacon.
    - Fermer hermétiquement, remettre au chaud (conditions identiques à la première phase).
    - Agiter quotidiennement

    A son tour,  la couleur de l’alcool va passer au jaune-vert, jaune-doré et éventuellement au rouge.

    Lorsque la couleur est stable, récupérer la teinture par décantation. La transvaser dans de petits flacons remplis à ras-bord.

    4. L’Ens est terminé

    A consommer au jour de l’attribution planétaire de la plante, de préférence dans l’heure qui suit le lever du soleil, à raison de 10 gouttes dans un demi-verre d’eau.

    Bon courage

    Arlette Terbach

    * * * * *

    Réflexions sur l’Ens végétal (précisions sur la méthode d’extraction) (Le Petit Philosophe n° 95, Avril 1992)

    Le ENS (en latin verbe être au participe passé = être à l’origine) possède une foule d’autres noms dans la littérature alchimique lesquels précisent plus spécialement certains aspects de sa nature : Soufre rouge ou philosophique, Soufre séminal, Feu-vif, Feu séminal, Terre séminale. Ces appellations ne sont évidemment pas réservées au règne végétal mais, chacun sait que le jargon unitaire de l’alchimie peut être différencié, c’est volontairement que nous les réduirons à ce règne.
    Les dites appellations, ainsi que les procédés relatifs à l’examen du Ens, laissent à penser qu’il s’agit d’un Soufre ou d’un Sel de Soufre fortement chargé en principe de vie, en Feu-Semence, alchimiquement « ouvert » et d’une intense couleur rouge.

    Pour comprendre la nature particulière du Ens Végétal signalons que les huiles essentielles (Soufre) et les sels organiques (Sels de Soufre) extraits par les méthodes « classiques » ne sont que faiblement chargés en élément Feu parce que cet élément invisible a quitté la plante avec la dessiccation et ce, ne serait-ce qu’à cause de la relative brutalité des procédés extractifs. Dans ces conditions, le Soufre et le Sel de Soufre constituent plutôt le support plastique de cet Élément, notamment dans l’élaboration d’une « Pierre Végétale », le Feu étant essentiellement apporté par le Sel « chargé » par l’Eau des Anges et le Mercure rectifié sur du tartre préalablement mis en déliquescence au printemps.

    D’un point de vue physique, le Ens extrait par un Mercure végétal, déterminé ou indéterminé, colore celui-ci en jaune d’or ou rouge ; concentré par évaporation, il devient huileux et d’un rouge profond ; enfin, évaporé à siccité, il perd son Mercure invisible et laisse une matière écailleuse, luisante, rouge bordeaux, d’où le nom de « Terre » donné par certains. Isaac Hollandus obtient également une substance sèche, pubescente, mais par un procédé qui diffère en apparence de celui préconisé ici.

    Le Primum Ens de Paracelse et de son école n’est pas identique au produit dont nous parlons ici ; il s’agit plutôt d’une Quintessence que du Feu-Élixir.
    Notons que l’apparition de la couleur rouge dans les élixirs paient par cohobation Teinture/Sel atteste la régénération de ce Feu Séminal. De même, une macération prolongée d’Esprit-de-vin avec du tartre calciné donne une extraction rouge.
    Ces considérations théoriques et opérations nous amènent à penser que le Ens tire son essence d’un Feu salin végétal ; on pourrait le considérer comme un Soufre de Sel.

    Enfin, le Ens manifeste au plus haut degré les vertus initiatiques de la plante dont il est issu, comme le veut sa nature de Feu extrêmement exalté ; il ne peut être surpassé que par une Quintessence ou une Pierre.

    Mode Opératoire
    (Se reporter aux articles précédents - LPP 57 & 84)

    Après concertation ave plusieurs chercheurs qui ont préparés le Ens végétal; il a été conclu ceci :

    - L’extraction finale du Ens par l’Esprit-de-Vin rectifié n’est rapide et intense que si la macération préalable (plante sèche + huile de tartre) n’est pas trop longue. Cette macération conduite en 7 à 10 jours maximum en remuant délicatement la masse de temps en temps montre une coloration optimale en 5 à 6 jours de couveuse (40°). Bien au delà (plus de 15 jours), on assiste à l’extraction d’une substance mucilagineuse fortement chargée d’impuretés et très peu perméable à l’Esprit-de-Vin : les teintures obtenues par suite sont jaune pâle au lieu d’un beau jaune d’or ou d’un rouge bordeaux.

    - La teinture de Ens, concentrée par évaporation, donne une huile rouge épaisse et laisse déposer des cristaux.

    - Le Ens non concentré peut être consommé selon l’attribution planétaire des plantes d’où il provient ; 5 à 10 gouttes dans un demi-verre d’eau le matin.

    Michel Auger

    * * * * *

    PS. Tiens, Michel Auger vient de me rappeler que la "Pyrotechnie" de Georges Starkey contient les éléments nécessaires pour aller plus loin avec cette pratique. Je me mets en quête de mon exemplaire et je reviens…