Homéopathie : Faire son Arnica

Faites-le Vous-même !
Kit de préparation homéopathique d’Arnica

(Cet article forme le contenu du livret explicatif d'un kit de préparation du remède homéopathique Arnica fait et vendu à Edelweiss Distillerie en décembre 2018)
 

Guéris-toi toi-même : Arnica Montana

Cette paraphrase de l’inscription de Delphe (« Connais-toi toi-même ») par le Docteur Bach dans son merveilleux petit livre « La guérison par les fleurs » (1933) est le point de départ à notre époque du retour à la préparation maison des remèdes courants et à l’auto-médication.

Il est temps pour chacun de se réapproprier l’art de se soigner soi-même et de préparer ses propres remèdes, dans la mesure où la vie n’est pas en danger, et dans la mesure où vous avez un professionnel de santé compétent pour vous accompagner et prévenir des problèmes graves. Pour ce qui est de l’entretien courant de la santé, il existe de nombreuses médecines populaires ou savantes qui sont assez simples à mettre en œuvre telles que l’herboristerie, l’aromathérapie, les élixirs floraux, les tisanes (qui sont extrêmement sous-estimées), les bains (même remarque), et... l’homéopathie.

La vie rurale au XX° siècle et avant, et les nécessités économiques avaient obligé nos parents à entretenir une tradition de soins maisons donnés de façon autonome. Les remèdes de grands-mères et autres « bonnes-femmes » succédaient aux guérisseurs et aux sorcières d’antan. La pensée rationaliste imposée par l’éducation nationale va bientôt anéantir ces traditions au profit de l’industrie médico-pharmaceutique et l’ont perdra bientôt la confiance et la connaissance des préparations naturelles faites simplement avec ce que la nature nous offre...

Le problème avec ce « progrès » de la médecine chimique (qui en est un réel), est que les ordres des médecins et des pharmaciens ont agit follement en pensant que les

merveilleuses solutions proposées par la médecine moderne pouvaient remplacer totalement les cadeaux de la nature, et que l’homme, l’être vivant, pouvait être réduit à un genre d’équation mathématique ou à une formule de composants chimiques, ce qui ne nous semble pas suffisant, au niveau de notre capacité à trouver un sens à la vie et à être heureux...

Un petit retour à la nature s’est naturellement imposé, et les médecines « douces » se sont refait une petite place dans notre vie et l’entretien de notre santé. Ces médecines ont d’abord été proposées au public par des fabricants et des paysans/artisans (producteurs/distillateurs de plantes aromatiques par exemple), et puis avec le développement de la cybernétique (qui, stricto sensu, est la capacité à piloter sa vie), on a réalisé qu’il était possible de prendre en main sa propre santé, sans ni l’abandonner à la médecine dominante ni rejeter son aide qui reste précieuse dans beaucoup de cas.

Un second pas est franchi et l’on commence à retrouver ou à réinventer les remèdes de nos grands-mères, la connaissances des plantes sauvages, les vertus de l’argile, de l’eau, des méthodes de dynamisation, de préparations &c...

L’attention à la nourriture qui reste notre premier remède (« Que ton aliment soit ton seul médicament » attribué à Hippocrate) revient timidement dans une société ou il est devenu normal de se nourrir de produits industriels et chimiques qui me semblent plus toxiques qu’autre chose (mais leur prix attractif est tellement irrésistible !). C’est sans doute le stade suivant dans la reconquête de notre santé.

Pour l’heure, je vous propose de vous familiariser avec une médecine importante, la première médecine strictement expérimentale d’occident (50 ans avant Claude Bernard et la médecine chimique qui domine aujourd’hui) et qui pourtant reste simple d’emploie pour les problèmes courants et surtout - et ce sera une nouveauté pour beaucoup ! - une médecine facile à faire soi-même : l’homéopathie.

Une médecine simple à préparer et à utiliser ?

Simple à utiliser, pas forcément ! le système thérapeutique d’Hahnemann (fondateur de l’Homéopathie) est très complexe et demande une très solide formation pour être utilisé dans son ensemble. Mais une partie des remèdes sont quand-même faciles à utiliser dans le cadre de l’auto- médication pour régler bien des petits bobos sans connaissances approfondies, et en général sans risques. Ce sera le cas de notre préparation d’Arnica.

Simple à faire ? Et oui, et c’est là sans doute une nouveauté pour beaucoup d’entre vous : il est très facile de préparer soi-même, chez soi, sans matériel sophistiqué la plupart des remèdes homéopathiques !

Un peu d’histoire...

Samuel Hahnemann (1755-1843) est un médecin allemand qui opéra une remise en question profonde de ses connaissances académiques de l’époque. Ses observations et la liberté qu’il s’est donné au cours de ses réflexions l’ont amené à délaisser la fidélité aux dogmes en vigueur au profit de l’expérimentation systématique, cinquante ans avant Claude Bernard qui est considéré comme étant le fondateur de la médecine expérimentale. J’attribue, sans avoir trop d’éléments, à Hahnemann une bonne culture paracelsienne, ce qui était courant chez les médecins à cette époque. Paracelse, médecin et alchimiste suisse- allemand - 1493-1541 - est une figure incontournable de la médecine jusqu’à une époque récente. Ses collègues ont toujours été très radicalement partisans ou au contraire détracteurs de sa philosophie et de ses pratiques, ce qui sera la même chose avec Hahnemann, l’histoire se répète ! Les suiveurs de Paracelse seront toujours très créatifs et de nombreuses médecines sont directement ou indirectement inspirées de sa pensée, telle l’homéopathie. Une étude sérieuse sur l’influence de Paracelse sur Hahnemann reste à faire qui révèlerait sans doute bien des aspects les plus intéressants de la doctrine de celui que l’on pourrait considérer comme l’un des pères des médecines utilisées actuellement, chimiques ou naturelles.
Je ne ferai pas ici une étude approfondie des principes de l’homéopathie pour ne pas vous retarder trop longtemps avant de passer à la pratique et aussi parce que Hahnemann nous a laissé deux ouvrages magistraux et très accessibles (Hahnemann est un grand pédagogue et sa plume est limpide) que je vous encourage à étudier : l’Organon ou Art de Guérir (1810) qui donne les principes de la nouvelle médecine avec les procédés de fabrication, et son Traité de matière médicale (1811) qui détaille la préparation des remèdes homéopathiques.

Voyons quand-même quelques principes fondamentaux qui nous guideront dans l’étude et l’utilisation de cette médecine si surprenante qu’est l’homéopathie.
J’ai choisi des extraits de l’Organon pour résumer la pensée de Hahnemann. C’est peut-être une simplification un peu lapidaire mais cela nous suffira pour aborder la pratique de la préparation homéopathique.

« Lorsqu’il s’agit d’un art sauveur de la vie, négliger d’apprendre est un crime » (conférence à Paris en 1835) Hahnemann se consacre à la guérison. Il est pragmatique. Pour guérir, il place l’utilité avant toutes choses.

« L’idéal thérapeutique consiste à rétablir la santé d’une manière rapide, douce, et permanente » (Org. art. 2)
« La totalité des symptômes seule doit servir de guide dans le choix des moyens propres à la guérison » (D’après Org. art. 6 et 7)

Hahnemann reste pragmatique : les causes de la maladie ne l’intéresse pas a priori. Faire disparaitre ses symptômes de façon durable lui suffit. On peut s’étonner de cela mais on ne peut qu’approuver que l’urgence est dans la guérison totale et durable et non dans l’enquête sur les causes de la maladie qui restent secondaires.

« Le médecin sait écarter de l’homme bien portant les conditions qui troublent la santé » (d’après Org. art. 4) L’homéopathie est aussi une médecine préventive.

« la médecine homéopathique repose uniquement sur l’expérience » (L’esprit de la doctrine homéopathique, 1813) Si l’on associe ce principe à la déclaration d’Hahnemann cité plus haut sur l’obligation morale de guérir quand on sait le faire, on comprend mieux pourquoi le fondateur de cette médecine n’ait pas pris (ou n’ait pas perdu) de temps à chercher à donner une explication à son système thérapeutique. En d’autres termes, de façon humoristique on pourrait résumer la question comme cela : « Comment ça marche ? Je n’en sais rien, mais excusez-moi, j’ai des patients qui m’attendent ».

Le principe des semblables (Similia similis curantur)
« Pourquoi le brillant Jupiter disparaît-il dans le crépuscule du matin aux nerfs optiques de celui qui le contemple ? C’est parce qu’une puissance semblable mais plus forte, la clarté du jour naissant, agit sur les même nerfs » « Comment couvre t-on le fracas lointain des canons ennemis qui couvrent la terreur dans une armée ? Par le bruit assourdissant et tonitruant de la grosse caisse » (Org. art. 26)
« Guérissez par la similitude des symptômes » (Org. art. 50)
Ici, Hahnemann donne le principe de l’homéopathie qui est de soigner un ensemble de symptômes par un remède qui produit, sans dangers pour le patient, des effets similaires et va encourager le corps à provoquer la guérison. Ce principe est lourd de conséquences puisque l’on est obligé d’admettre que cela implique que le corps possède en lui- même la capacité à se guérir lui-même s’il y est encouragé.

Le principe de similitude est contraire à la devise de Galien : Les contraires se repoussent (« contraria contrariis »)

Isothérapie

Ce principe de similitude n’est pas le principe des identiques qui est le fondement de l’isothérapie que n’approuvait pas Hahnemann (personne n’est parfait !) et qui est basée sur un principe très proche de l’homéopathie et lui emprunte la même technique de préparation des remèdes. Nous aborderons quelques exemples utiles plus loin. L’isothérapie est aussi le principe de base de la vaccination (même si celle-ci diffère quand à la préparation des remèdes).

Principes de préparation des remèdes

La médecine homéopathique suit donc ces principes. Elle est composée de remèdes choisis et préparés pour répondre à ce besoin de transmettre une information au corps qui ne lui nuira pas (non noscere, ne pas nuire est le principe fondamental que toute médecine est encouragée à respecter en priorité).

Voyons maintenant les principes de préparation des remèdes
« Les doses infiniment petites sont essentielles pour l’application de cette méthode curative » (Org. art. 68)

« La médecine homéopathique dégage et libère pour son usage spécial les vertus médicinales immatérielles inhérentes aux substances brutes et cela jusqu’à un point qui paraissait autrefois inimaginable » (Org. art. 269)

La dilution de la matière première permet de libérer son énergie de la matière. Elle permet aussi de supprimer la toxicité éventuelle de certaines substances brutes.

« (...)grâce à l’action mécanique du frottement et de la succussion développe et exalte leurs forces pharmacodynamiques latentes » (Org. art. 269)
« On connaissait empiriquement déjà (...) toute une série de modifications de diverses substances naturelles produites par frottement, d’abord l’élévation de la température, puis le développement d’odeurs. Enfin, l’aimantation de l’acier &c... » (D’après Org. art. 269)

La dynamisation composée de la dilution et de la succussion (action de secouer) révèle et active le potentiel thérapeutique des matières diluées.

« Par analogie, la trituration de toute substance médicinale les secousses imprimées à sa dissolution (dynamisation) développent graduellement les énergies médicamenteuses latentes qu’elle renferme et les met à jour, ou si l’on peut dire, « spiritualise » par désintégration la matière elle- même. » (Org. art. 269)

La trituration est le mode de dilution des matières insolubles, elle consiste en un certain nombre de broyages dans un mortier en porcelaine rythmés par un protocole précis. Ce procédé est peu employé de nos jours.

L’excipient (alcool ou sucre)

« L’excipient non médicamenteux utilisé, dénué de toute action thérapeutique, joue cependant un rôle indispensable, quoique accessoire » (Org. art. 269)
La dilution se fait dans de l’alcool, du « Brandwein » (alcool de vin, titrant probablement entre 50 % et 75 % d’alcool, et certainement pas puissant comme notre « alcool neutre » produit par les distilleries industrielles). Pour les solides insolubles, la trituration se fera dans du sucre (sucre de canne ou lactose à l’époque d’Hahnemann).

Si l’on se souvient que Hahnemann est un médecin de campagne du XVIII° siècle qui visite ses patients à cheval (il semble que ce soit les cahots de sa monture qui lui aient inspiré la méthode de dynamisation), on peut alors imaginer que l’alcool (brantwein) utilisé n’était pas un alcool « neutre » produit par une distillerie industrielle qui aurait pu répondre aux normes en vigueurs actuellement pour la confection de médicaments. Il s’agissait plus probablement d’alcool distillé artisanalement par ce que l’on appelle aujourd’hui un bouilleur de cru (ou bouilleur ambulant) et qui titrait approximativement 50 à 75 % d’alcool.

Il est certain qu’aujourd’hui la qualité énergétique d’un alcool blanc de bouilleur de cru, une prune des campagnes par exemple, est certainement meilleure qu’un pur éthanol à 90 % vol. issue de matières premières produites par l’industrie agro-alimentaire et stocké dans des bidons en plastic... Dans ma pratique homéopathique, j’ai une nette préférence pour ces alcools blancs non trafiqués titrants environ 50 % et contenant souvent une bonne dose d’alcools de tête (méthanol) et de queues, ce qui n’a aucune importance dans notre préparation puisqu’il ne s’agira pas de boire le remède comme on le ferait avec un spiritueux. Je vous encourage à préférer ces gnôles des campagnes à conditions qu’elles soient blanches (les alcools ambrés ont plus de risques d’avoir subit des colorations, édulcorations &c...).

Le rôle de l’alcool, dans ce travail, est de diluer le remède, et de permettre la conservation de la préparation (et pour cela, 20 % d’alcool suffit).

Hahnemann décrit en détail le procédé de dynamisation (dilution/succussion) avec l’utilisation de petits globules de sucre dissous dans l’alcool (Org. art. 269). Le procédé complet n’est plus pratiqué de nos jours pour laisser place à la méthode simplifiée que je vous propose plus loin. Même les grands laboratoires utilisent aujourd’hui un procédé basé sur ce que nous allons voir.

Le principe est de diluer 1 goutte de la Teinture-Mère (Hahnemann crée ce néologisme pour distinguer sa teinture faite avec des plantes fraîches des teintures habituelles du Codex qui sont faites avec des plantes séchées) dans 100 gouttes d’alcool, et de secouer vigoureusement 100 fois pour obtenir la première dilution centésimale (1° Centésimale Hahnemannienne, ou 1 CH).
Hahnemann ne semble pas approuver cette dilution jugée trop faible (il préfère diluer avec l’aide d’un petit globule imbibé dans 100 gouttes d’alcool, ce qui revient à un rapport de 50 000° au lieu du 100°... Voir Org. art. 270). Cette première dilution sera à nouveau diluée à raison d’une goutte dans un nouveau flacon contenant 100 gouttes d’alcool. Après succussion, on obtiendra la 2° centésimale (2 CH) et ainsi de suite... Une dilution à la 30° CH demandera donc l’utilisation de 30 flacons.

La dilution désirée obtenue, on prendra soin d’en imbiber des granules de sucre pour terminer la mise en forme du remède (Hahnemann explique en détail la fabrication des granules dans l’Organon).

La méthode Korsakov

Korsakov était un collègue et disciple de Hahnemann qui a inventé une méthode simplifiée de dilution. Il semble qu’Hahnemann ait approuvé la méthode de son confrère dans leur correspondance, mais je n’ai pas de sources. Cette méthode est connue sous le nom de « Dilution au flacon unique » ou « dilution Korsakov » (K).

Elle consiste en une dynamisation (dilution/succussion) dans un flacon. Ceci fait, il s’agit de verser, par terre, le contenu du flacon qui gardera une ou quelques gouttes sur sa parois interne. On recharge le flacon de 100 gouttes d’alcool pour re-dynamiser pour obtenir la 2° dilution centésimale qui s’appellera traditionnellement 2 K, que l’on jètera à nouveau pour recommencer avec le même flacon jusqu’à la dilution souhaitée. Une dilution à la 30° K nécessitera l’utilisation d’un seul flacon.

J’aime imaginer que Korsakov, médecin militaire, a inventé cette méthode dans l’urgence en campagne ou sur un

champ de bataille avec un matériel de fortune (quelques teintures-mères, un peu de brantwein et peu de flacons)...

La méthode korsakovienne est celle que je vous propose d’utiliser pour notre homéopathie d’Arnica, nous discuterons plus bas un peu plus de ce procédé qui m’apporte toute satisfaction.
 

Quelques questions avant de passer à la préparation de notre Arnica :

La mémoire de l’eau

Les importants travaux de Jacques Benveniste sur la mémoire de l’eau ont relancé la question du fonctionnement de l’homéopathie. L’hypothèse de la mémoire de l’eau des dilutions pour transporter l’information du remède est séduisante. En fait, les triturations dans du sucre (ou d’autres matières, j’ai par exemple un ami qui triture dans du kaolin - argile blanche - avec succès pour ses travaux précis) demandent de relativiser l’importance de cette piste. Sans trop avoir moi-même d’avis sur la question, je choisis une formule consensuelle qui consiste à utiliser un mélange hydro-alcoolique (eau-de-vie blanche à 40 à 50 %) en me souvenant que Hahnemann lui-même négligeait cette question de l’explication du fonctionnement interne de son procédé pour se satisfaire des résultats.

Hahnemanienne ou Korsakovienne ?

Il est l’usage de préférer les dilutions jusqu’à la 30° centésimale en hahnemannienne, et de choisir les korsakovienne pour les plus hautes dilutions (1000, 10 000, 100 000 K...).

À mon avis, la raison est que à l’époque de ces deux pionniers, les dilutions montaient rarement au-dessus de la 30° dilution (qui fait l’objet d’une étude particulière par Hahnemann dans la Matière Médicale). Elles se faisaient à la main, ce qui explique l’absence de très hautes dilutions

(J’ai moi-même fait une 200 K à la main, il m’a fallu deux jours...). Avec la découverte des possibilités offertes par les très hautes dilutions, après Hahnemann donc, la méthode Korsakov s’est imposée pour des raisons pratiques. Nul besoin de chercher ailleurs la vraie raison de ce choix.

Homéopathie et phytothérapie

Une partie de la matière médicale (les matières utilisées pour préparer les remèdes homéopathiques) trouve son origine dans la phytothérapie officielle (Codex pharmaceutique) ou populaire. Notre dilution d’Arnica est inspirée de la médecine populaire (Hahnemann, Matière médicale homéopathique, tome 1).

On peut remarquer que les faibles dilutions donnent des remèdes dont les effets sont proches de ceux connus en phytothérapie ou dans les pratiques simples populaires (tisanes, teintures...) alors que les dilutions plus élevées offrent des effets plus « sublimes » qui s’éloignent de l’effet de la plante.

Par exemple, je fais personnellement une dilution de coquelicot pour faciliter le sommeil. La 3 CH semble plus rapidement efficace (effet immédiat) que la 5 CH.

Où trouver le matériel pour vos préparations ?

Les Matières premières (plantes ou autres...) se trouvent dans la nature...

L’alcool se trouve chez le bouilleur de cru. Vous pouvez aussi vous inspirer des informations données dans mon livre « L’ALAMBIC, l’Art de la Distillation, Alcool, parfums, médecines » ou sur mes sites www.devenir- distillateur.com et www.atelier-spagyrie.ch. Les alcools « neutres » à 90° sont d’origine industrielle et j’évite absolument leur utilisation (l’argumentation basée sur la pureté chimique de l’éthanol n’a absolument aucun intérêt pour nos travaux), les « alcools de fruits » vendus dans la grande distribution ne valent guère mieux.

Les tubes de granules vierges se trouvent chez les pharmaciens ou droguistes selon les pays. Les

pharmaciens français vous vendront des tubes de Saccharum Lactis en basse dilution (1 ou 2 CH, ou 1 ou 2 DH) qui font office de granules vierges. J’achète mes seaux de granules chez Vanda France, je préfère les granules de Saccharose bio, mais il existe aussi des granules de Xylitol (sève de bouleau) qui convient aux diabétiques et qui ont un gout sucré agréable (pas bio).

Les flacons pour faire les teintures ou les dilutions se trouvent en pharmacie ou chez Aromazone (ou équivalent, il y a d’autres distributeurs...). C’est simple et pas cher !
 

Arnica Montana la préparation pas-à-pas

Vous avez votre Teinture-Mère (TM) dans son bocal. Il s’agit d’une fleur d’Arnica cueilli pendant l’été 2018 en montagne à 2000 m. et mise à macérer dans de l’esprit-de- vin bio-nature distillé dans notre alambic en cuivre. Cette TM a une durée de vie infinie.

1. Verser un peu de cette TM dans un flacon dont vous aurez auparavant enlevé le compte-goutte, puis reversez le liquide dans le bocal d’origine, il restera une ou quelques gouttes dans le flacons qui serviront à la dilution.

2. Versez une centaine de gouttes d’alcool dans ce même flacon (ce qui fait environ 1,5 cm de hauteur de liquide dans votre flacon de 10 ml).
3. Secouez vigoureusement 100 fois ce flacon.

Votre première CH est prête.

4. Jetez-là... (et oui, vous allez voir, ce travail tout simple s’il en est est sans pitié pour votre rationalité !)

5. Recommencez les points 1. à 4. jusqu’à arriver à la dilution désirée (mais ne la jetez pas cette fois ! Sinon, il vous faut simplement refaire une dilution supplémentaire)

6. Votre dilution obtenue, il ne vous reste plus qu’à imbiber

vos granules. Vous pouvez aussi garder le remède sous

forme liquide, mais la présentation en granules est beaucoup plus pratique d’emploi, et conforme à la pratique hahnemanienne originelle. Pour cela, disposez une feuille d’essuie-tout (papier ménage...) sur une assiette pour y verser le contenu d’un tube de granules vierges. versez quelques gouttes (3, 4...) de votre dilution, remuez délicatement pour que tous les granules brillent d’humidité, et laissez sécher, au soleil si possible (j’ai une préférence pour faire cette opération au soleil, c’est un petit truc d’alchimiste...). Remettez les granules secs dans le tube sans les toucher avec les doigts. Étiquetez à l’endroit de l’ouverture du tube pour éviter les ouvertures accidentelles, et goûtez...

Vous pouvez choisir de faire les dilutions de votre choix, personnellement, je fais du 3 K ou 5 K, du 9 K, et du 30 K. Mais l’homéopathie est très riche de pratiques différentes et je vous conseille de vous inspirer de votre pratique habituelle.

Votre petit bocal de TM avec sa fleur vous permet de faire plusieurs millions de tubes... voire plusieurs milliards...

°°°°°°°

Il ne me reste plus qu’à vous souhaiter beaucoup de plaisir à préparer votre remède homéopathique d’Arnica. Vous serez surpris par l’efficacité qui n’a d’égale que la simplicité de la préparation !

Des questions ? des retours ? : matthieu@edelweiss-distillerie.ch . Merci !
 

Appendix

I. Ma première dilution d’arnica

J’ai fait ma première dilution d’Arnica lors d’un voyage en Suisse avec ma fille Rose qui fêtait son premier anniversaire. C’était le moment des premiers pas, et en montagne, les premiers pas ne sont pas sans aventures... Un jour que nous nous étions arrêtés pour passer la nuit dans une prairie, les arnicas fleurissaient devant le bivouac... J’avais dans le camping-car un pot de yaourt en verre, une bouteille de schnaps de ma fabrication (de la prune à 45° si je me souviens bien, mais cela n’a aucune importance), et quelques tubes de granules vierges. À part les granules, le reste est commun et se trouve dans chaque cuisine et chaque camping-car...

Le soir, je préparais ma teinture avec quelques fleurs dans l’alcool. Le lendemain, ou surlendemain peut-être, je versais cette teinture dans la prairie et procédais à mes dilutions. Une heure plus tard, ma dilution en 3 K était virtuellement dans mes granules et à chaque fois que ma fille essayait un nouveau pas, et souvent ouvrait la bouche pour pleurer sa douleur d’une nouvelle chute, hop ! 3 granules dans la bouche qui restait silencieuse : la souffrance avait miraculeusement disparue.

Bravo pour les granules à papa n’est-ce-pas ?

Alors pour répondre aux questions que vous vous posez sans pouvoir me les adresser, et pour répondre aux réticences des sceptiques à la question incontournable de l’effet placebo, je vous rapporte une autre expérience intéressante.

Quatre ans plus tard, l’hiver cette fois, une nouvelle piste de ski fut fatale à Rose. Après s’être brutalement arrêtée dans une voiture garée en dessous de la piste (la piste descendue « tout shuss » à grande vitesse), sous la voiture plus exactement, nous revînmes au chalet pour nettoyer le sang et panser les blessures...

N’ayant pas de tube d’Arnica disponible, je cherchais parmi les teintures et alcoolats le bocal de Teinture-mère de notre plante et j’en fis, tel un nouveau Korsakov sur le champ de bataille, une dilution en urgence avec les moyen du bord.

Rose fut certes soulagée, mais je gardais secrètement une petite déception sur l’efficacité du remède...
Le lendemain, nous nous rendîmes compte que le bocal contenait une teinture de pissenlit (qui ressemble à l’arnica sous cette forme de fleurs macérées)...

Alors cette fois, le remède à papa, et bien il n’était pas ce l’on attend normalement d’une vraie dilution d’arnica.
Ce test à l’aveugle m’a une fois de plus convaincu de l’efficacité intrinsèque des préparations homéopathiques. Ce qui n’enlève rien à la vertu des granules de Papa !

II. Quelques préparations maisons faciles à réaliser Coquelicot
Il existe plusieurs préparations simples à réaliser parmi la pharmacopée homéopathique ou autre.
J’ai cité le coquelicot (en 3 K) que j’appelle « l’assommoir » et qui se prend au moment de l’endormissement.
Le pavot de Californie semble avoir un effet somnifère encore plus puissant.

Tabacum

J’ai fais réaliser des dilutions de cigarettes par des fumeurs désireux d’arrêter de fumer avec un certain succès (les fumeurs faisant eux-mêmes leur préparation avec leurs propres cigarettes). Je préconise maintenant la dilution d’un élixir spagyrique de rose pour arrêter les dépendances, spécialement celle au tabac.

Aurum

À l’époque où Élie, mon fils de 9 ans lisait Harry Potter et cherchait la pierre philosophale, nous avions fait une dilution d’or (son remède homéopathique personnel à ce moment là). Pour cela, nous avions dissout de l’or selon une méthode spagyrique reproduite par Dorvault dans son « Officine de pharmacie pratique » (éd. 1872) qui consiste à dissoudre de l’or dans de l’eau régale (mélange d’acide chlorhydrique et acide nitrique) pour passer ensuite la

teinture dans l’éther, puis dans l’alcool. cet « or potable » a ensuite été dilué au 30 K.
Nous n’avons pas reçu de félicitations de la part de notre homéopathe qui ne considérait pas cette préparation conforme à la préparation hahnemanienne classique (que personne ne fait aujourd’hui, surtout pas la production courante en France), mais l’expérience a été intéressante.

Placenta

J’ai aussi pratiqué la dilution placentaire. Il s’agit d’un remède isothérapique qui consiste en une dilution de placenta et qui sert de remède pour l’enfant de sa naissance à l’âge adulte, et permet une meilleure reconstitution à la maman après l’accouchement, et lutte contre le baby-blues. Pour cette dilution qui est le travail du papa ou d’une tierce personne, il faut laver un petit bout du placenta dans un verre d’eau pour enlever le sang ou d’autres substances. Il faut ensuite mettre ce morceau de placenta propre dans un petit bocal contenant de l’alcool (je rappelle qu’une eau-de-vie blanche et naturelle de bouilleur de cru fait très bien l’affaire). Le lendemain, ou plus tard, on procède aux dilutions de la façon habituelle.

C’est la maman qui prend 3 granules avant l’allaitement pour le transmettre au nourrisson.
À la naissance de ma fille Rose (c’est la dernière histoire avec mes enfants, promis !), j’ai enfin goûté à cette préparation que je n’osais pas goûter quand je le faisais pour d’autres naissances. Les 3 granules étaient encore dans ma bouche que je ressentais le plaisir d’être repus d’avoir mangé une bonne part d’un excellent foie... Rose (j’avais pourtant promis...) m’a récemment demandé à quoi servait ces granules. Je lui ait répondu « c’est pour quand tu as envie de retourner dans le ventre de ta maman ». Elle m’a aussitôt répondu « Je veux retourner dans le ventre de ma maman ! »...

Cette isothérapie a, à mon avis, un intérêt à étudier qui dépasse l’usage intra-familial.
 

Plus classiques, parmi les plantes (d’après Dorvault) : Préparées avec des plantes entières : Arnica, Belladone, Chamomille, Chélidoine, Achillée millefeuille, Pulsatila... Feuilles et tiges : Aconite, Clématite, Digitale, Stramoine, Tabac, Thuya...

Fleurs : Cannabis sativa...
Fruits, semences : Anis, Café, Cina, Staphysagria... Racines : Bryone, Gentiane Lutea, Ginseng, Prunier, Valériane, gingembre...

 

III. Préparation D’Arnica Montana d’après le Traité de Matière Médicale de Samuel Hahnemann (1811)
La reproduction de ce chapitre donnera une idée de la méthodologie d’Hahnemann.

(teinture préparée avec 50 grains de racine récemment pulvérisée et mille gouttes d’esprit-de-vin)
L’arnica, plante qui affectionne les plaines et les montagnes couvertes de forêts, a une racine qui perd rapidement une grande partie de son odeur et de sa vertu médicinale lorsqu’on la laisse exposée à l’air, et surtout lorsqu’on la fait bouillir. Mais, quand, aussitôt après l’avoir pulvérisée, on s’empresse de la dessécher complètement au bain-marie, elle peut ensuite être conservée pendant plusieurs années, dans des flacons bien bouchés, sans que son énergie s’affaiblisse. Malgré tous ses dogmes artificiellement construits, malgré toutes ses définitions scolastiques, les distinctions et les subtilités auxquelles elle a eu recours, la médecine ordinaire n’est jamais parvenue à découvrir la vertu spécifique de cette plante, ou à trouver un remède assuré contre l’affection universelle, souvent fort dangereuse, qui résulte d’une chute grave, de chocs, de coups, d’une contusion, d’une distorsion ou d’une déchirure des parties solide de notre corps (1). Le peuple dut se charger pour elle de ce soin, et, après d’innombrables et inutiles essais, il rencontra enfin le moyen qu’il cherchait en vain dans l’arnica. Il y a deux siècle qu’un médecin nommé Fehr communiqua pour la première fois cette découverte de la médecine domestique à ses confrères ; depuis lors, l’arnica fût appelée panacea lapsorum. Il en a été de même de tous les autres spécifiques ; l’art médical en a dû la connaissance à la pratique domestique, et n’a jamais pu en trouver lui-même un seul, parce que ceux qui l’exercent ne se sont jamais inquiétés les effets purs des corps naturels sur l’homme en santé.

Les affections qui dépendent de fortes contusions et de déchirures des fibres, ont presque toutes les même symptômes. Or le tableau suivant fera voir que les phénomènes auxquels l’arnica donne ordinairement lieu chez l’homme en santé, ont une ressemblance frappante avec ses symptômes. Mais ce même tableau des effets purs de l’arnica dévoile aussi plusieurs états morbides de l’homme dans lesquels la plante offre un remède homéopathique certain. C’est un médicament applicable à une foule de cas, et, quoique son action, même lorsqu’on la donne à hautes doses, ne s’étende pas au-delà de six jours, cependant j’ai reconnu qu’on la considérer comme un remède subsidiaire et intercurrent, même dans les maladies les plus chroniques.

Seulement il faut se garder d’employer arnica dans les maladies aigües purement inflammatoires, avec chaleur générale, en grande partie extérieure, non pus que dans les diarrhées, où on la trouvera toujours très nuisible, ce dont on verra également les motifs dans l’exposé de ses effets particuliers.

Mais elle déploye une efficacité toute spéciale dans quelques espèces de fausses pleurésies, celles dont les symptômes ont de la ressemblances avec les siens propres.
Le camphre est l’antidote de l’arnica administrée à grande doses et dans les circonstances où elle n’était point homéopathique. Mais le vin aggrave ses effets nuisibles.

J’ai reconnu qu’une petite partie d’une goutte de la billionième dilution (chaque goutte de la teinture précitée étant considérées comme la moitié d’un grain de vertu d’arnica) suffisait toujours dans les cas où elle devait agir à titre de remède c.

(Suit une longue liste de 638 symptômes.)

(1) C’est pourquoi elle est très-salutaire même dans les grandes blessures produites par des balles et des instruments contondans, comme aussi dans les douleurs et autres incommodités, après l’arrachement des dents, et après d’autres opérations chirurgicales, dans lesquelles les parties sensibles ont été violemment distendues, comme réductions de fractures et de luxations, etc.

        Matthieu Frécon, Décembre 2018

 

 

 

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