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  • Soleil noir…

    Soleil Noir…

    Ce 25 janvier, jour anniversaire de la mort du poète aux 3 RGe rard de nerval

    Le point noir

    Quiconque a regardé le soleil fixement
    Croit voir devant ses yeux voler obstinément
    Autour de lui, dans l’air, une tache livide

    Ainsi, tout jeune et plus audacieux,
    Sur la gloire un instant j’osais fixer les yeux :
    Un point noir est resté dans mon regard avide

    Depuis, mêlée à tout comme un signe de deuil,
    Partout, sur quelque endroit que s’arrête mon œil,
    Je la vois se poser aussi la tache noire !

    Quoi, toujours ? Entre moi sans cesse et le bonheur !
    Oh ! c’est que l’aigle seul - malheur à nous ! malheur !
    Contemple impunément le Soleil et la Gloire.

    El Desdichado

    (…) Ma seule étoile est morte et mon luth constellé
    porte le Soleil noir de la Mélancolie (…)

    Gérard de Nerval, les Chimères

    Je suis noire mais je suis belle (…)
    Je suis noire parce que le soleil m’a brûlée (…)

    Cantique des cantiques, extraits du ch. I

    Gérard de Nerval laisse supposer que l’éducation ésotérique de son oncle occultiste l’a quelque peu marqué du sceau d’une mélancolie mystique et que le culte solaire n’y est pas étranger.
    L’âme, dans le cantique est plus joyeuse, et l’aspect solaire de son Bien-aimé est manifeste.
    Faut-il regarder le soleil en face, ou user d’artifices comme Narcisse ?
    Mais enfin, « rien de neuf sous le soleil » (Ecclésiaste) ?

  • Qu'est-ce que l'Âme

    Qu’est-ce que l’Âme ?
    Pour Philippe Pissier, pour la dernière phrase…

    « Qu’est-ce que l’âme ? » demande Moshé Ibn Tibbon à Abraham Aboulafia dans le roman (1) que le kabbaliste Georges Lahy consacre au père de la kabbale extatique (Aboulafia donc).
    Qu’est-ce que l’âme ? donc… (2)

    La Kabbale, comme à son habitude, cherche des réponses dans une démarche d’analyse des textes sacrés. En effet, la kabbale considère que le plan de la création se trouve dans la Thorah (au sens de Bible hébraïque), et sa compréhension permet de répondre progressivement à toutes les questions. Le résultat est souvent une explication systématique et l’élaboration d’un système de pensée. Malgré l’affection infinie que j’ai pour la Kabbale, je reconnais ne pas toujours suivre cette démarche et c’est le cas aujourd’hui pour répondre à cette question sur la nature de l’âme (3).

    Au moment d’écrire mes réflexions sur ce sujet, je suis dans mon camping-car dans une jolie campagne. Un rouge-gorge familier tourne autour de moi et cherche la rencontre. Le nouvel an occupe les humains et la nature, détachée, s’exprime en beauté.

    Qu’est-ce que l’âme ?
    L’âme semble être, si je cherche la réponse dans les éléments qui m’entourent, la conscience qui m’anime. L’âme, c’est ce qui me pousse à me poser question, et ce qui me pousse à répondre à mes questions. C’est aussi l’émotion que je ressens devant la question, et devant le rouge-gorge aussi. C’est ma conscience d’exister. C’est ma vie.

    l’âme est-elle immortelle ? se demandent les kabbalistes du roman de Georges Lahy…
    Il est l’usage d’accompagner le concept d’âme par celui d’Esprit. Pour ma part, dans la tradition romantique et courtoise qui m’est chère et qui vient du Cantique des cantiques, le but ultime de l’existence semble être l’Union Mystique entre l’Âme, la bien-aimée du Cantique, et de l’Esprit, son bien-aimé. Union, ou fusion, si l’on chipote sur d’éventuels degrés dans cette rencontre. Mais mon but, dans le coin de nature qui m’accueille maintenant (je suis toujours dans mon camion, entouré de verdure, d’oiseaux, et de la lumière du soleil hivernal…), n’est pas de distinguer les degrés de l’âme ou des degrés de l’Union Mystique. Ici et maintenant, je tends plutôt vers une simplification des concepts pour ne pas casser ce sentiment d’harmonie naturelle, cette union des choses justement. Quelque peu fondu dans la nature, je vis simplement l’existence de l’âme, ou de mon âme si la question de l’appartenance de l’âme à ma personnalité se pose.

    Par ailleurs, cachée dans les fourrés, je devine encore la présence de l’Esprit, cette chose inconnue de mon âme. Inconnue parce qu’encore distincte. Inconnue et désirée.

    Si mon âme est la conscience, si cette conscience aspire à la rencontre de cet esprit, « celui qu’aime mon âme » (Cant. III, 1), on a une image limpide du jeu de la conscience et de l’inconscient dans le concept jungien. Jung défini l’inconscient comme la part d’existence non-encore découverte par la conscience. La découverte se fait, chez Jung, par étapes, ou s’aborde par différents aspects qui incluent les notions de personnalisation ou de collectivisation de la conscience. Mais peu importe ces précisions, je préfère maintenant rester dans la simplicité des concepts. Cela n’enlève rien à la joie de leur conscientisation, ce qui est finalement le but de cette union (la joie).
    Le parallèle entre l’âme et l’esprit d’une part et la conscience et l’inconscient d’autre part, est intéressante par leurs points de vues complémentaires, et leur rencontre est l’ultime expérience de l’existence. Chez les amoureux du Cantique, il semble que ce soit la fiancée (l’âme donc) qui se développe pour atteindre la maturité qui lui permettra le mariage avec son Bien-aimé (« Notre petite sœur n’a pas encore de seins, qu’arrivera-t-il le jour où l’on parlera d’elle ? » Cant. VIII, 8). Chez Jung au contraire, on comprend que cette union se produit par l’absorption de l’inconscient, sa diminution donc, dans la conscience.
    Mais peut importe le flacon pourvu qu’on ait l’ivresse n’est-ce pas ?

    L’âme ne serait-elle qu’une étape de la prise de conscience universelle ? l’âme n’existerait donc qu’en tant qu’état intermédiaire de la Vie ? Un moment dans l’Existence ? Voilà ce que pourrait être l’âme…

    Comment prendre conscience de son âme ?, ou comment voir son âme ? Voici un beau sujet de réflexion que je pourrais développer dans ces pages. Mais je préfère vous laisser seul avec Elle, vous saurez bien trouver votre réponse à cette question passionnante…
    Ma piste, c’est que voir son âme, ce n’est pas prendre conscience de son désir d’union, ça, c’est ce qui nous pousse à chercher réponse à la question justement. Voir son âme, c’est en fait déjà vivre l’union, la fusion, avec l’esprit, l’Univers. On ne voit pas l’âme, on ressent son désir d’exister. Ce que l’on voit, c’est son union, au moins partielle, avec l’Esprit, l’Univers, la Vie. Dans ce sens, l’âme n’existe vraiment que lors de sa fusion, en même temps que sa disparition en tant que telle donc, au sein de l’Existence (4).

    Joyeuse nouvelle année 2022 à tous !

    Matthieu Frécon, dans la campagne, nouvel an 2022.

    (1) Aboulafia, la quête du kabbaliste, Georges Lahy auteur et éditeur 2019.
    (2) Cet article m’a été inspiré pendant la lecture de ce livre. J’ai dû interrompre ma lecture, écouter les oiseaux, écouter mon âme, et essayer de poser des mots sur mon ressenti… Il y a pire comme discipline !
    (3) L’école Lourianique de Palestine au XVI° siècle décrira une anatomie complexe de l’âme en 5 niveaux : Nephesh, Rouach’, Neshamah, Ch’ïah, et Yech’idah. Cette école est connue pour avoir développé des systèmes philosophiques complexes et abstraits.
    (4) la théorie que je développe ici est totalement pratique. Elle ne recherche pas la vérité et ne s’encombre pas d’explications. C’est une pure méthode qui ne se satisfait que de la seule expérience, l’Union Mystique.

  • La Spagyrie en Suisse

    La Médecine Spagyrique en Suisse

    La Suisse est le pays de Paracelse (1493-1541), créateur de cette branche de l’alchimie qu’il a appelé Spagyrie. Depuis, les alchimistes suisses et allemands ont plus que les autres développé cet aspect particulier de l’alchimie. Les Roses+Croix (société spiritualiste et humaniste allemande axée sur l’alchimie et la médecine) revendiquent l’influence de Paracelse dans la Fama Fraternitatis (1614) et la plupart des alchimistes germanophones sont influencés par le Médecin Itinérant. Deux devises peuvent exprimer la coloration particulière de cette école qui résument aussi la doctrine de Paracelse : « La Pierre ne sert pas à transmuter les métaux mais à fabriquer des remèdes pour soigner les maladies » et Imiter la nature. En France, au contraire, les alchimistes ont continué une voie plus « spirituelle » que l’on associe aujourd’hui au développement personnel qui est lié à la mystique chrétienne de la révélation divine. Mais les français n’ont pas cette relation forte avec la nature et avec les plantes qu’ont les suisses encore aujourd’hui.

    Je reviens de deux jours passés dans la ferme de Spagyros à Saint Brais, Jura suisse. Spagyros est l’un des producteurs de spagyrie couramment distribué dans les pharmacies Suisse avec Heidak et quelques autres. Pour les suisses, la spagyrie est d’abord une histoire de plantes et il est normal de cultiver soi-même ses plantes ou de les cueillir dans la nature. Le laboratoire est donc d’abord une ferme, avec ses cultures au centre de l’activité, et autour desquelles se trouvent les locaux de transformations : salles de préparation, de fermentation, de distillation, calcination &c... Les élixirs terminés sont expédiés au siège de la société qui se trouve quelque part dans la civilisation pour être conditionnés et distribués selon les normes Swissmédic en vigueur.

    Spagyros travaille avec le procédé Baumann, inspiré de Zimpel. Patrick Baumann a développé sa propre philosophie et ses propres pratiques. Pour résumer, les procédés Zimpel ou Baumann sont basés sur la fermentation des plantes, la séparation de leurs principes par distillation, puis calcination, pour enfin les réunir pour en faire l’élixir-mère. Avec patrick baumann

    Voici quelques souvenirs de notre discussion, quelques réponses qu’il m’a faites.
    (...) - Qu’est-ce que la spiritualité ?
    - Je dirais que c’est sortir de la matérialité, c’est voir ce qu’il y a derrière la matière.

    - En allant se promener dans la nature ? provoquais-je...
    - Je citerai Paracelse : « voir la lumière de la nature » plutôt.
    - Est-ce que c’est la vie ?
    - Oui, mais avec son aspect caché, que l’on apprend à lire derrière les choses communes.
    - Quel rapport fais-tu entre la santé et la spiritualité ?
    - La spiritualité nous donne le chemin, et avec ce chemin, le chemin de la santé.
    - Est-ce que tu penses qu’une santé idéale amène à une spiritualité, à un éveil ?
    - À un éveil à sa nature oui... (...)

    Avec Patrick Baumann

    La relation nature/santé/spiritualité est évidente pour les suisses... Il n’y a pas cette dichotomie entre le corps et l’âme, entre la santé de l’un et celle de l’autre, entre la vie profane et la sortie dominicale... La spiritualité ne se résume pas à une élection divine venue de l’au-delà, mais commence (au moins commence) dans le retour de l’homme sur son chemin, un chemin qui ressemble fort à un sentier de montagne... Personnellement, je pousse plus loin l’étude de la relation entre la santé et la spiritualité puisque je pense qu’une restauration physiologique idéale remet l’homme à sa juste place dans la nature, ce qui équivaut à une « réalisation » pour employer un terme utilisé dans les philosophies orientales pour désigner l’éveil, la libération. Mais j’ai déjà consacré plusieurs articles à cette question.

    Je dois encore préciser que la « spiritualité » des alchimistes de Spagyros, et la mienne avec, ne se limite pas à la relation nature/corps humain, mais que parler avec les plantes, chanter, et prier, sont évidemment d’un usage courant bien que discret. La pudeur et la pression de notre société matérialiste m’empêche de développer cette question ici.

    Paracelse uvres comple tes 5 volParacelse uvres comple tes page de garde

    Elixir du sue dois psychosophische gesellschaft Cette rencontre m’a évoquée mes visites à la Psychosophische Geselschaft de Stein (Appenzell), chez Anne-Marie Æschbach entre 1999 et 2006. Cette vénérable société mystique avait eu un laboratoire de spagyrie initié autrefois par Alexandre Von Bernus (Fondateur du Laboratoire Soluna -Allemagne, et gardien de la tradition R+C) et Frater Albertus (Albert Riedel, fondateur de la Paracelsius society, Salt Lake City, USA). Entre les Messes Gnostiques crowleyennes
    Elixir du Suédois produit par la Psychosophische Gesellschaft               Les œuvres complètes de Paracelse, dans la bibliothèque de Spagyros
    hebdomadaires et les rituels hermétiques/rosicruciens, les membres de la confrérie travaillaient au laboratoire spagyrique et à la station de recherche écologique dans les années 60’ à 80’. La sensibilité était un peu plus
    occultiste, et pourtant la proximité avec la nature et avec la santé restait majeure.

    Pendant mon activité au sein des Philosophes de la Nature (LPN), je me souviens d’un stage avec l’alchimiste suisse tessinois Augusto Pancaldi, le maitre de Manfred Junius, qui nous avait beaucoup parlé symbolisme alchimique universel, mais aussi spagyrie et élixirs médicinaux.

    Pre parations suhalia Entre les deux guerres, vers 1928, il y avait eu Suhalia, le laboratoire de Schwaller de Lubicz à St. Moritz (Grisons) et qui produisait des élixirs spagyriques, de l’homéopathie, et une liqueur spiritueuse spagyrique, la « Liqueur des 3 feux » fabriquée selon la vieille charte (Schwaller de Lubicz était un alchimiste qui avait participé à l’aventure Fulcanelli à la « belle époque » parisienne). Et bien d’autres encore qui ont participé à cette tradition de la médecine alchimique paracelsienne et de la proximité avec la nature.

    Liqueur 3 feux

    Aujourd’hui, l’autre producteur d’élixirs spagyriques très connu en Suisse romande est Heidak, qui travaille également avec une ferme particulière entièrement dédiée au laboratoire. Moi-même, je ne conçois pas de déconnecter mon travail de laboratoire de mes propres récoltes, même si je suis plus sensible au travail de la lumière (la materia prima alchimique) qu’à l’herboristerie à proprement parler.

    Pourquoi la situation est-elle différente en France? La raison vient de la politique menée par les pharmaciens qui commence avec la loi du 10 mars 1803 relative à l’exercice de la médecine par Napoléon et qui culminera sous l’état de Vichy en 1942 avec la création des ordres des médecins et des pharmaciens au détriment des droguistes, apothicaires, et bien sûr, des herboristes. Ces règlementations empêcheront la survivance des paysans-transformateurs-prescritpteurs de plantes médicinales. Le développement de l’industrie pharmaceutique qui préfère utiliser les médicaments artificiels qu’elle seule peut fabriquer achèvera les médecines naturelles et la multiplicité des pratiques.

    On peut quand-même rêver de l’existence de paysans-herboristes-naturopathes qui pourraient prescrire les préparations phyto ou spagyriques qu’ils auraient préparées avec leurs propres récoltes... C’est encore possible en Suisse sous certaines conditions, pour l’instant...

    Belles plantes alambic

    Ne perdons pas espoir : lorsque le dernier politicien sera mourru empoisonné par le dernier poison produit par le dernier labo pharmaceutique, les fleurs pourront recommencer à fleurir dans nos montagnes et nos vallées, nous expliquer où est le bonheur et comment soigner nos enfants... Ça reviendra !

    Merci à Patrick Baumann, et l’équipe de la ferme de Malmaison de Spagyros : Nelly, Christian, et Yannick pour l’accueil et l’échange de savoirs.

    Merci à Ijnuhbes pour les images du laboratoire de Schwaller de Lubicz (https:// www.youtube.com/watch?v=j38lPBaYfgg)

  • La spagyrie et les plantes au XXI° s.

    La spagyrie et les plantes au XXI° s. 00 tiges d absinthes en fermentation avant calcination 1

     

    La spagyrie telle que Paracelse l’a définie au XVI° s. a beaucoup évoluée. Il s’agissait au départ d’un ensemble de domaines de la connaissance (Alchimie, Philosophie, Astrologie, et Vertu) destiné à former des médecins-alchimistes (« La pierre philosophale ne sert pas à transmuter le plomb en or mais à faire des remèdes pour guérir les maladies » Paracelse). Après Paracelse, la spagyrie deviendra un ensemble de techniques de préparation des végétaux pour faire des remèdes basée sur une philosophie alchimique plus ou moins paracelsienne et est aujourd’hui souvent très proche de l’herboristerie.


    00 distillation solaire de miel Au XX° s., le spagyriste travaille souvent à partir d’une extraction des principes actifs d’une plante dont la vertu dépend d’un mélange de ses vertus phytothérapeutiques et de son attribution planétaire, laquelle vient d’une forme d’astrologie développée par la science hermétique. À ce moment là, la connaissance de l’alchimie s’était réduite à l’utilisation de quelques techniques (fermentation distillation, et calcination) et de quelques symboles abstraits. La connaissance de l’herboristerie était au siècle dernier elle-aussi réduite à quelques souvenirs désuets.

    Le XXI° s. a vu un magnifique renouveau de l’herboristerie et des médecines naturelles (phyto, naturopathie &c…) ainsi qu’une véritable renaissance de l’alchimie avec une redécouverte de ses principes philosophiques profonds (après les publications de Stéphane Barillet par exemple). De plus, l’édition systématique de l’œuvre de Paracelse en français (notamment chez Beya) permet de mieux comprendre le père de la spagyrie et nous aide à sortir des clichés qui en avaient créé une image très simpliste au XX° s.
    Il est normal de s’attendre une renaissance de la spagyrie aujourd’hui, qui commence à peine à poindre.

    Fort de ces nouvelles avancées dans ces trois domaines (alchimie, herboristerie, bibliographie de Paracelse), que sera la spagyrie du XXI° s. ?

    Paracelse est un auteur complexe, personne n’en doute, et le plus beau de ses paradoxes est qu’il a su donner une impulsion et un cadre à une nouvelle médecine, qu’il a posé les bases d’une philosophie, qu’il a donné des exemples d’applications de son système de pensée, et aussi qu’il semble qu’il ne les ait pas toujours suivis… Paracelse est un personnage complexe : il a deux maîtres, l’évangile et la nature ! Quoi de plus opposé qu’une doctrine basée sur la foi en l’au-delà (l’évangile) et un champ d’expérimentation qui ne soufre aucune théorie mais se base exclusivement sur l’observation et l’expérimentation (la nature) ? Et encore, à propos du christianisme évangélique de Paracelse, faut-il noter cette injonction étonnante (« Traité sur l’art des présage », in La grande philosophie, Beya 2021) : «… l’homme ne doit se soucier que du jour présent…» S’occuper de son âme, oui, compter sur l’au-delà, plus question ! le christianisme de Paracelse est teintée d’une philosophie bouddhiste ou taoïste sans le savoir (l’attention à la présence).
    De ces idées fortes, de ses propres paradoxes, et de sa puissante Vertu, Paracelse a donné une impulsion qui aidera ses suiveurs à créer ce qui deviendra, sous une forme ou une autre, la spagyrie. « Voici des idées fortes, voici ma vie, prenez et faites la vôtre selon votre nature » semble nous dire Paracelse. C’est la raison pour laquelle il n’est pas plus facile de définir ce qu’est la spagyrie que ce qu’est la musique ou la beauté, chacun sa nature, chacun sa spagyrie.

    La question dans cet article se pose surtout à propos de la relation entre l’héritage de Paracelse et l’évolution actuelle des médecines naturelles. Il est certain que les connaissances médicales de nos naturopathes, herboristes &c… contemporains sont magistrales : physiologie, bio-chimie, techniques d’analyses &c… et le spagyriste ne peut pas ignorer cette évolution de la connaissance.

    La spagyrie restera-t-elle une branche de la phytothérapie comme on l’a souvent entendu au XX° s. ?
    Ce serait dommage. La spagyrie et l’héritage de Paracelse sont extrêmement riche de théories et de pratiques qui ont leur rôle dans la mise en perspective réciproque de l’alchimie et de l’herboristerie. L’alchimiste et sa médecine universelle et l’herboriste avec sa matière médicale foisonnante comme une prairie de montagne en été ont tout à gagner à se rencontrer et échanger leurs « trucs » (expression de Rabelais). La vraie rencontre se fera dans la connaissance que l’un aura de l’autre.

    La spagyrie restera-t-elle une branche secondaire de l’alchimie (à nouveau comme on l’a souvent entendu au XX° s.) ?
    La spagyrie n’a jamais été une branche secondaire de l’alchimie parce que l’art de guérir les malades n’a jamais été secondaire par rapport à l’élection divine tant attendue de certains rêveurs. Les rapports entre santé et spiritualité sont, à mon avis, une clé majeure pour la compréhension de la spiritualité.
    Savez-vous que les grands élixirs sont toujours adaptogènes ? Les élixirs et pierres alchimiques agissent sur les glandes et leur harmonisation permet une régulation de la production d’hormones qui peuvent alors jouer leur rôle de régulateur du corps.
    Savez-vous pourquoi et comment cela fonctionne-t-il ? Et bien la clé des conditions de certains états d’extases mystiques, de satoris et autres samadhis se trouve dans le fonctionnement du système nerveux (par les rapports entre le nerf vague et le bon fonctionnement du système parasympatique, avec les implications sur les organes, le foie en particulier).
    Savez-vous que les herboristes connaissent tout cela parfaitement alors que les alchimistes se satisfont encore parfois de systèmes symboliques abstraits, basés sur des doctrines vérifiées par les synchronicités (Jung définissait deux formes de pensées, complémentaires mais non interchangeables : la pensée causalistique, basée sur les relations chronologiques de causes à effets, et la pensée synchronistique basée sur les relations simultanées, irrationnelles, et qui forment toutes deux les éléments constitutifs de notre conscience). C’est peut-être dommage !

    00 pierre de roseMon souhait avec ce petit article est de voir les spagyristes prendre toute la mesure de leur pratique qui n’est d’aucune manière secondaire dans la mesure ou la spagyrie est une approche exigeante et satisfaisante de l’alchimie, et, particulièrement efficace, qu’elle est très complémentaire des médecines naturelles contemporaines dont nous avons tant besoin en cette période de grippe…

    Matthieu Frécon, Sarreyer, hiver 2021.

    La Grande Philosophie est publiée par https://www.editionsbeya.com/collection

  • Stages spagyrie, distillation &c… Eté/automne

    Programme des stages avec Matthieu Frécon Été/Automne 2021

    Juillet

    Distillation spiritueux, pour les distillateurs amateurs et futurs pros.
    Matthieu Frécon et Baptiste François
    En Cantal, France, les 10/11 juillet. Distillation spiritueux et diverses préparations alcools le week-end. Le lundi 12, Baptiste, notre hôte, fera une journée pour les questions administratives pour les futurs distillateurs.
    Renseignements et inscriptions : Baptiste à contact@-distilleriebaptiste.com

    Spagyrie, alchimie végétale
    Matthieu Frécon
    En Isère, France, à la Sauge et le Cosmos, les 16/17/18 juillet. Spagyrie et alchimie végétale, philosophie, théorie, et surtout pratique de l’alchimie des plantes, fabrication d’un élixir, diverses préparations alchimiques (sels, rosée, distillations, calcinations &c…), galénique et posologie des élixirs…
    Renseignements et inscriptions : Simone à simone.sarah.chabert@lasauge.org

    Août

    Alchimie végétale et plantes guérisseuses avec Jessica Blum
    Avec Matthieu Frécon et Jessica Blum, les 12/13/14/15 août
    À Avioth (Meuse, France). Spagyrie, alchimie végétale, distillation de plantes et esprits de vin, transformations et préparations de plantes médicinales, herboristerie &c…
    Renseignements et inscriptions : Jess à jessica.blum@hotmail.fr

    Septembre

    Distillation spiritueux spécial gins, absinthe… avec Florence Thiéblot
    En Valais (Suisse) avec Matthieu Frécon et Florence Thiéblot les 4/5 septembre
    Distillation spiritueux, préparations d’alcools de plantes, de la culture à la dégustation…
    Renseignements et inscriptions : Matthieu à matthieu.distillation@protonmail.ch

    Alchimie végétale et plantes guérisseuses (sous réserve) avec Jessica Blum
    Avec Matthieu Frécon et Jessica Blum, les 7/8/9 septembre
    À Saunière (Côte d’Or, France). Spagyrie, alchimie végétale, distillation de plantes et esprits de vin, transformations et préparations de plantes médicinales, herboristerie &c…
    Renseignements et inscriptions : Matthieu à matthieu.distillation@protonmail.ch

    Distillation spiritueux. Pour amateurs et futurs pros.
    En Cantal, France, avec Matthieu Frécon les 11/12 septembre
    Distillation alcools, techniques, préparations.
    Renseignements et inscriptions : Baptiste à contact@-distilleriebaptiste.com

    Octobre

    Distillation alcools, distillation plantes aromatiques, alchimie végétale et plantes guérisseuses avec Jessica Blum
    En Cantal, France, avec Matthieu Frécon et Jessica Blum les 1/2/3 octobre.
    Autour des alambics, spiritueux, plantes aromatiques et médicinales, spagyrie, alchimie, herboristerie et préparations végétales pour le corps et pour l’âme.
    Renseignements et inscriptions : Baptiste à contact@-distilleriebaptiste.com

    Voir les programmes et agendas sur ce site, sur le site de Jessica Blum : https://www.jardinalchimique.com/ et celui de Baptiste François : https://distillerie-baptiste.com/

  • À propos de l’association de la kabbale et de l’alchimie dans l’hermétisme

    À propos de l’association de la kabbale et de l’alchimie dans l’hermétisme
    ou, L’éveil est-il un phénomène unique ?

    Je sors d’une série de cours sur la spagyrie et la kabbale et les questions et les réflexions partagées avec les participants me suggèrent ces quelques notes.

    L’hermétisme moderne qui associe alchimie (ou spagyrie), kabbale et astrologie ou magie naturelle est un cursus complet d’enseignement initiatique composé à la renaissance. Il s’est développé dans les cercles rosicruciens depuis. Les rosicruciens historiques (le cercle réuni autour de Jean-Valentin Andreae dans l’Allemagne protestante du début du XVII° siècle) se revendiquaient de Paracelse, lui-même inventeur un siècle plus tôt d’un corpus complet incluant l’alchimie, l’astrologie, la philosophie, et la vertu, qui sont les 4 piliers de la spagyrie (la spagyrie est donc le système complet des sciences « hermétiques » selon Paracelse).
    On peut se poser la question de la justesse de telles associations, kabbale et alchimie notamment. En effet, si l’on proclame et l’on répète que le but final - l’éveil - reste identique aux deux disciplines, de même que l’on répète à l’envie que « tous les chemins mènent à Rome », les deux voies sont forts dissemblables et il faut reconnaitre qu’un kabbaliste réalisé ne ressemble que de loin à un alchimiste réalisé…
    Essayons de distinguer les spécificités respectives des deux disciplines.

    L’alchimie est à la recherche de la médecine universelle, que ce soit pour le corps, pour l’âme, ou pour les métaux. En alchimie, la transmutation, ou guérison, ou encore réalisation « spirituelle » passera par la régénération du corps. Un élixir travaille à restaurer la santé de façon à ce que l’organisme retrouve un fonctionnement naturel parfait. L’effet attendu est que le corps sain, grâce au bon fonctionnement de ses organes, de la production hormonale &c… guérisse l’âme de façon naturelle. C’est le célèbre adage « une âme saine dans un corps sain ». Le lien entre la santé et la spiritualité se fait donc par une restauration de la santé du corps dans son sens le plus profond. L’esprit (le mental) dégagé de ses disfonctionnements physiques sera alors en mesure de s’harmoniser avec l’univers, l’âme du monde, et amener un état naturel d’éveil.
    L’initiation alchimique passe donc par une restauration profonde de la santé du corps. C’est une réorganisation de notre conception de la vie par la restauration physiologique.

    La kabbale au contraire, est une discipline mentale et les kabbalistes se soucient fort peu de leur santé. Le but de la kabbale est « l’élection divine », ce qui, si l’on étudie un peu la question, est une forme comparable à l’éveil alchimique ou toute autre forme d’éveil bien que très différente par bien des aspects.
    Les pratiques mentales de la kabbale, qu’il s’agisse de rituels mystico-religieux ou de formes de prières proches des mantras ou autres pratiques extatiques rappelant les pratiques soufies ou yogiques, ont pour but d’amener à une forme de « démolition controlée » du cerveau. C’est une sorte de réorganisation mentale provoquée par un genre d’activité virale qui permet au cerveau un fonctionnement jusqu’alors inconnu. Cela vient peut-être d’une ouverture au niveau de la communication entre les deux cerveaux ou une autre forme de bug mental provoquant l’illumination.
    L’éveil kabbalistique est donc une réorganisation de notre façon de concevoir la vie par une réorganisation du cerveau.

    Cette distinction est très intéressante par ce qu’elle permet de mieux se positionner dans son travail personnel. Cela aide aussi à comprendre l’intérêt de l’une de ces deux disciplines qui nous semblerait plus éloignée de notre sensibilité. Elle permet aussi de comprendre que ce que l’on appelle d’une façon générale l’éveil est un concept large qui regroupe des expériences très différentes qui offrent des applications très diverses. Il est possible que le seul point commun entre les différents types d’éveils obtenus par ces voies différentes se résume en une satisfaction solide, une joie profonde, et un sentiment de confiance dans la vie. C’est certes l’essentiel, certes suffisant (dit le cerveau droit), mais néanmoins différent (rappelle le cerveau gauche).

    Question subsidiaire : l’illumination kabbalistique a-t-elle une influence sur la santé ?
    Parfois peut-être… Il est possible que les modifications du fonctionnement du cerveau aient une influence physiologique. L’application la plus fréquente de la réalisation kabbalistique en matière de santé se trouve dans la guérison spirituelle (prières, impositions des mains &c…) ce qui est une façon de soigner très différente de la pratique de la médecine galénique alchimique. Il est également probable que le cerveau réinitialisé par l’éveil envoie des informations plus fonctionnelles aux organes, ce qui aura un effet bénéfique sur la santé mentale et physique de l’alchimiste.
    Au contraire, est-ce que les noces chymiques (j’entends par cette expression l’éveil par l’ingestion de l’élixir salvateur) auront un effet sur l’organisation mentale de l’alchimiste épanoui ?
    L’expérience montre que les effets des élixirs sur les glandes et organes influent largement sur le mental. La façon de comprendre le sens de la vie et de concevoir l’existence seront révisées par l’optimisation physiologique.
    Les deux voies resteront comparables, bien que toujours différentes. Les modes de vie et les privilèges accordés par ces différentes voies seront spécifiques, comme le chemin de chacun reste unique…

    De mon côté, entre kabbale et alchimie, mon cœur ne balance pas et je continue à suivre les deux voies.

    Matthieu Frécon, Saunière 1° juin 2021.

  • La Kabbale est-elle un système magique ?

    La Kabbale est-elle un système magique ?

    Dans le monde de la kabbale comme de l’alchimie, il est traditionnel de donner quelques uns des codes de lectures dans le titre. Ici, le titre fait référence à deux textes qui ont été importants dans ma jeunesse et que j’ai publié sur le site www.gouttelettes-de-rosee.ch qui sont : « La Kabbale est-elle un cut-up ? » et, « Créez votre propre système magicke » écrits dans les années 80’ par un certain « Rabbi Jérémy » de nos amis et que je vous recommande.

    Car en fait, la kabbale, c’est quoi ? Je veux dire, quelle est la substance de la kabbale ?, de quoi est-elle formée ? Ce sont des questions que, dans notre impatience, l’on passe sans y penser… D’ailleurs, il y a pas mal de questions fondamentales que l’on devrait se poser quand on s’intéresse à la kabbale au lieu de simplement accepter le dogme et la méthodologie qui ne sont pas forcément intrinsèque à celle-là.
    La Kabbale est un courant de la mystique juive né au milieu du Moyen-âge en Provence, qui s’est développé dans la seconde moitié du M-Â en Espagne pour atteindre son apogée en Palestine au XVI°, dans le monde de la Renaissance. Il y a eu bien sûr des antécédents, des épicentres, et un développement ultérieur notamment dans le monde chrétien, mais l’essentiel de l’histoire de la formation de la Kabbale se passe au cours de ces 3 périodes.

    Quels sont les matériaux, les outils, utilisés par la kabbale ?
    La kabbale se base d’abord sur la Bible hébraïque. Elle fait également un large emploi du Sepher Yetzirah qui est un petit livre très synthétique écrit probablement à Babylone à la fin de l’antiquité et qui traite de divers sujets mathématiques ou cosmologiques. Enfin, la kabbale utilise énormément un système numérologique, la guématria, basé sur le système décimal avec l’utilisation du zéro (introduit en occident dans le même milieu que le Sepher Yetzirah à la fin de l’antiquité) et qui semble avoir été développé - la guématria donc - vers le milieu du M-Â en Allemagne.
    À partir de ces éléments très disparates dont la réunion est pour le moins surprenante, la kabbale va alors développer sa propre littérature qui aura au moins le mérite de suivre un développement logique qui n’apparait pas dans les éléments empruntés pour sa création.

    À ce stade, essayons de définir ce qui caractérise un système magique au sens où l’entend notre Rabbi Jérémy (dont la culture personnelle va de la tradition juive à l’aventure cybernétique en passant par la science-fiction et la recherche psychédélique - pour situer le personnage).
    RJ définit un système magique comme un édifice imaginaire dont le but est de transformer le réel par une modification de la conscience par l’imagination et qui comprend des jeux de symboles destinés à créer des connexions cérébrales dans le but de transformer notre univers mental, et donc réel. Ces jeux de symboles doivent, pour être effectifs, comprendre des symboles « lourds » (« froids ») profondément ancrés dans notre inconscient comme la bible, et des symboles légers et mobiles (« chauds ») qui galvaniseront l’enthousiasme, l’érotiseront, par leur capacité à provoquer une émotion. Ces deux types de symboles vont agir sur des zones différentes de notre cerveau pour créer des synapses, des connexions nouvelles qui transformeront notre façon de voir les choses (et donc notre environnement, le réel, dont on considère qu’il dépend de la conception que l’on en a). Ces symboles peuvent êtres très différents, et même n’avoir aucun rapports entre eux. Ce sont les connexions qu’ils créeront qui provoqueront le résultat dans notre vie.

    C’est ainsi que les kabbalistes ont inventé un système symbolique puissant en alliant des symboles lourds et profonds comme la Bible et ses symboles (l’Arbre de Vie emprunté au 3° chapitre de la Genèse par exemple, et une liste de noms trouvés dans le premier livre des Chroniques (XXIX. 11.) avec le concept gnostico-hellenistique des sephiroth du Sepher Yetzirah (écrit, je le rappelle bien des siècles après la bible hébraïque, et issue d’une culture totalement différente de celle-ci). Le mariage s’avèrera fécond et l’Arbre de Vie de notre kabbale moderne qui comprendra alors les noms et les sephiroth deviendra le symbole central de la kabbale tardive (lourianique, née en Palestine à la Renaissance).

    Autre outil indispensable au kabbaliste, la guématrie, ou art de faire des relations entre les mots dans leurs rapports numérologiques, s’applique à tous les textes utilisés, dont les plus anciens tels que la Genèse. La guématrie est développé vers le milieu du M-Â en Allemagne dans un milieu mystique antérieur aux débuts de la kabbale historique.
    On peut alors se poser la question du sens qu’il peut y avoir à interpréter la Genèse avec un système numérologique créé plus de mille ans après l’écriture du texte, système basé sur le système décimal avec utilisation du zéro (introduit en occident, je le rappelle, vers la fin de l’antiquité).
    La réponse est sans appel : Dieu avait déjà tout prévu et il a fallu aux kabbalistes du temps pour découvrir et assembler cette sagesse originelle. Il a bon dos le bon dieu…
    En fait, la cohérence du système est telle, et c’est maintenant qu’il faudrait étudier les lois des synchronicités ou la loi de Murphy, pour comprendre le mécanisme psychologique effectif mis en œuvre et l’on ne peut que s’incliner devant un édifice qui semble si solide…
    Mais l’expérience depuis notamment les travaux de Jung (pour les synchronicités) et de Crowley (pour son analyse de la magie et son encouragement méthodique à créer avec la magie) montre que les possibilités dans ce domaine sont infinies et que cet édifice (la kabbale et tous les ingrédients qui la composent) peut être modifié par une autre guématrie (voir le système d’Abellio par exemple), ou l’ajout d’autres symboles (tarot, 4 éléments, Yi-King &c…) pour former, c’est magique !, un autre système dont la cohérence n’a rien à envier à son ainé…

    Alors la kabbale, c’est quoi ?
    Pour les utilisateurs dévots (dont je suis), c’est un système symbolique dont la portée imaginaire est merveilleuse et qui a tout son sens et toute sont efficacité dans le réel. Et pour les techniciens de la magie, les cyber-punks des mondes imaginaires (dont je suis encore), c’est un moteur pour l’expérience de navigation dans un réel que nous créons et modifions en modifiant les éléments qui le compose.
    La kabbale est un merveilleux système magique avec ses symboles lourds et ses symboles chauds, avec ses croyances (symboliques), ses rituels (symboliques) dont le but est, au moins pour moi, le développement de l’âme, l’expérience de l’union mystique, avec au final l’expérience du bonheur dans l'existence.

    Je concluerais en recommandant aux kabbalistes de s’attacher à bien connaître les éléments qui constituent le système imaginaire de la kabbale (l’origine des symboles), de bien re-contextualiser ses éléments, pour mieux les disposer dans le cerveau, mieux les utiliser dans les jeux de symboles, pour mieux se les approprier et les rendre plus effectifs dans la quête du bonheur et de l’éveil.

    Matthieu Frécon, Sarreyer 30 avril 2021.